Miracle financier à Alger ?


Par Abed Charef. La crise qui ébranle le système financier mondial ne touche que modérément l’Algérie. Faut-il pour autant s’en féliciter? Rien n’est moins sûr, au vu de ce que cela peut signifier pour le pays.

C’est un véritable «tsunami» qui menace la finance internationale. Les entreprises concernées sont des géants de la finance, les sommes en jeu sont colossales et les mesures prises sont à la mesure de l’enjeu: elles ne tiennent plus compte des préjugés politiques et idéologiques. Ainsi, les gouvernements prennent des mesures contraires à leurs choix politiques. Des exécutifs de droite sont amenés à nationaliser des banques pour éviter la banqueroute, alors que des équipes de gauche soutiennent des banques privées, pour ne pas sombrer avec leur économie.

Cette déferlante n’aura, pourtant, qu’un impact modéré sur l’Algérie. Les effets de la crise se feront sentir essentiellement sous deux aspects. En premier lieu, évidemment, sur le prix du pétrole.

La crise risque, en effet, d’avoir un effet durable sur le prix de ce produit qui constitue la quasi-totalité des recettes du pays en devises. La récession, déjà en place, a déjà fait perdre au pétrole plus de 50 dollars, soit plus de la moitié de son prix actuel.

Dans les années qui viennent, une récession durable aux Etats-Unis entraînerait l’ensemble de l’économie mondiale vers le bas. Les pays émergents ne pourront compenser la dégringolade américaine, d’autant plus qu’eux-mêmes en subiront, de plein fouet, les effets, car une Amérique en crise ne peut maintenir le flux des importations en provenance de la Chine, par exemple, ce qui risque de porter un sérieux coup à la croissance chinoise.

Qui dit récession, dit baisse de la consommation d’énergie, avec un recul ou, au mieux, une stagnation des prix du pétrole.

A cette menace, s’ajoute une autre, liée à la valeur du dollar: que vaudra la monnaie américaine si le monde s’installe dans une récession durable? On a déjà vu le dollar perdre le tiers de sa valeur, en quelques mois, dans des conditions normales.

En période de crise, le rythme peut s’accélérer, particulièrement si les autorités américaines font le choix d’un dollar faible, pour relancer leur propre économie. Et même si le pire n’est pas forcément à venir, il n’empêche qu’il s’agit d’un scénario à ne pas écarter: avec un euro à deux dollars, conjugué à un pétrole entre soixante et soixante-dix dollars, l’Algérie aura à peine de quoi payer ses importations.

L’Algérie fait ainsi face à deux facteurs: prix du pétrole et cours du dollar, sur lesquels elle n’a, absolument, aucune prise. Elle est condamnée à subir et à se contenter d’atténuer les effets de la crise. La marge est très réduite, parfois nulle. D’autant plus que le pays, contrairement à ce qu’affirment les officiels, ne sait ni imaginer des solutions, ni les mettre en place.

Pour l’heure, les dirigeants algériens affirment qu’ils ont mené deux actions parallèles, qui auraient évité à l’Algérie de sombrer dans la crise. La première concerne le remboursement par anticipation de la dette extérieure. Ce n’est pourtant pas un exploit. C’est même le minimum que puisse faire un gouvernement endetté, disposant de beaucoup d’argent, et incapable d’investir. La seconde mesure concerne le placement des surplus financiers en bons du trésor américains et dans d’autres banques centrales. C’est une solution peu rentable, mais qui a l’avantage d’offrir des garanties solides. Et contrairement à certaines idées répandues, en période de crise, le placement en bons de trésor américains est l’un des plus recommandés, car la garantie de l’Etat américain reste la plus sûre.

Ce choix repose sur un postulat: l’Algérie est définitivement incapable de faire fructifier son argent. Ce qui semble être le cas. Il ne reste, dès lors, plus qu’à trouver la meilleure formule, non pour rentabiliser ces réserves en devises, mais pour ne pas les dilapider. Dans ce cas de figure, le gouvernement a raison de recourir aux bons du trésor américains, qui offrent de solides garanties, malgré leur rentabilité faible, voire négative.

De là, utiliser la crise pour justifier la méfiance envers l’idée de créer un fonds souverain, il y a un pas que M. Karim Djoudi a trop rapidement franchi. En effet, le ministre a affirmé que la crise actuelle constitue une preuve à postériori que les fonds souverains comportent trop de risques. Dans son raisonnement, le ministre des Finances se base sur trois postulats. Il prend la situation actuelle de crise comme repère. Or, les fonds souverains doivent s’installer dans la durée. Même s’ils perdent de l’argent dans un créneau, à un moment de crise, leurs pertes sont largement compensées grâce à ce qu’ils gagneraient ailleurs. En outre, le ministre des Finances suppose qu’un fonds souverain algérien aurait investi toutes les réserves du pays en devises dans des entreprises non viables. Or, l’idée même de fonds souverain procède d’une logique inverse: gagner de l’argent en minimisant les risques, et non jouer au poker en misant toutes les réserves sur un seul créneau. Il s’agit donc de diversifier les investissements, en diversifiant les secteurs d’activités et les pays d’accueil, de multiplier les placements à petites doses, et de n’utiliser que les excédents qui ne sont pas susceptibles d’être investis.

En fait, M. Djoudi justifie l’immobilisme algérien face à la crise. Ce qui est de bonne guerre. A sa décharge, il faut tout de même souligner que la situation le dépasse en fait, le système algérien étant totalement incapable de créer, de gérer et de rentabiliser un fonds souverain. Sans oublier que personne ne possède, en Algérie, la légitimité nécessaire pour prendre des risques ou, au moins, innover.

Mais on peut imaginer le cas inverse: c’est le moment ou jamais de faire d’excellentes affaires, d’acheter pour une bouchée de pain des banques prestigieuses qui se trouvent en difficulté. BNP Paribas vient de mettre près de quinze milliards d’euros pour racheter Fortis, alors que de grandes banques américaines ont été rachetées pour un dixième de leur valeur. C’est le moment de faire les courses. Les réserves de change de l’Algérie lui permettraient d’acquérir des entreprises qui rapporteraient autant que les hydrocarbures. Mais l’Algérie est hors jeu. Elle ne peut le faire. Elle s’est condamnée depuis longtemps à l’inaction.

Et si la crise a, aujourd’ hui, peu d’impact sur l’Algérie, cela n’est pas dû à des initiatives du gouvernement, mais précisément au manque d’initiatives. L’Algérie sortira indemne de la crise parce qu’elle est déconnectée du monde. Son économie est hors temps.

Lundi soir, pendant que les bourses mondiales plongeaient, celle d’Alger affichait une sérénité extraordinaire: aucune variation sur l’ensemble des valeurs proposées. Signe de force? Non, de déconnexion totale. Car dans le monde d’aujourd’hui, il est préférable de subir la crise plutôt que d’être out. Ce n’est pas du masochisme. Subir les effets de la crise, cela suppose qu’on est un acteur de l’économie mondiale, qu’on est en plein dans la mondialisation. La Corée du Sud a subi une grave crise en 1997. Cela ne l’a pas empêchée de rebondir et de devenir un acteur central de la nouvelle donne économique. C’est la preuve que c’est un pays qui avance, qui acquiert de la maturité et de l’expérience, et qui a fait une partie du chemin. Quand à l’Algérie, elle n’a pas encore démarré.

La sagesse populaire partage les commerçants en trois catégories: ceux qui vont au marché pour faire des affaires et gagnent de l’argent, ceux qui vont au marché et perdent de l’argent, et enfin, ceux qui ne sont pas, du tout, allés au marché. L’argent n’est pas touché par la crise parce qu’elle n’est pas allée au marché.

Abed Charef
http://www.lequotidien-oran.com/?news=5110175

Synthèse dz-live.com

Chute des prix du pétrole. Conséquences fatales sur l’Algérie en 2009


Si l’Algérie est assurée de réaliser 80 milliards de dollars de recettes pétrolières et de gaz, en 2008, en dépit de la chute vertigineuse des cours sera-t-il de même pour l’année prochaine ? En effet, sous les pressions de la crise financière, les prix du baril de pétrole sont passés sous la barre des 100 dollars. La chute des cours du brut est de près de 20 dollars.
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CRISE FINANCIÈRE MONDIALE La Sérénité inquiétante de l´Algérie


“Tout va très bien, tout va très bien. Pourtant, il faut, il faut que l´on vous dise, On déplore un tout petit rien: Un incident, une bêtise, La mort de votre jument grise, Mais, à part ça, Madame la Marquise Tout va très bien, tout va très bien”….Ray Ventura

A bien des égards, cette chanson décrit bien la situation financière actuelle. La crise économique connaît de nouveaux rebondissements, de nouvelles faillites ayant eu lieu. Utilisant l´argent du contribuable pour combler les pertes, le Trésor américain annonce un plan de 700 milliards de dollars. Mais la crise n´est pas finie. Il y a quinze jours, c´était la crise réelle qui tenait le devant de la scène, avec un monde développé en récession. Désormais, c´est la crise financière qui passe au premier plan. Elle progresse suivant toujours le même axe: l´effet domino, où chaque pièce qui tombe en entraîne une autre à sa suite. ” Après Fannie et Freddie, écrit Isaac Joshua, les deux géants du refinancement hypothécaire américain, la banque d´affaires Lehman Brothers; après Lehman, la compagnie d´assurance n°1 mondial AIG, après AIG, la banque anglaise Hbos, rachetée en catastrophe par la Lloyds TSB. (…) Mais l´effet domino, nous dit Isaac Joshua, a élargi son cercle et concerne de nouveaux acteurs, qui ne sont plus directement liés au marché hypothécaire américain.

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« Nos placements en obligations du Trésor américain se font à perte »


Mourad Benachenhou, ancien ministre de l’économie.

Le débat sur la crise financière internationale et l’impact qu’elle pourrait avoir sur l’Algérie continue de susciter la réaction des experts. Dans une contribution publiée hier dans Le Quotidien d’Oran, Mourad Benachenhou, économiste et ancien ministre de l’Economie, analyse cette crise et s’interroge sur les conséquences qui peuvent en être attendues sur l’économie algérienne.

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L’économie algérienne otage des hydrocarbures


u moment où l’économie semble reprendre ses lettres de noblesse et avoir les faveurs du pouvoir, il m’a semblé utile de proposer à mes compatriotes une analyse en quelques volets des idées politiques et des faits économiques de l’Algérie depuis l’indépendance. Cette analyse montre les différentes contradictions de ce que nous devrions douloureusement appeler notre mal développement, notamment économique et ce, à compter de la période d’industrialisation dite « industries industrialisantes » qui a abouti à un capitalisme d’Etat aux lieu et place de ce qui a été appelé socialisme spécifique et à un endettement excessif de l’Algérie, à une austérité imposée par les régimes successifs et par les institutions financières internationales, un affairisme d’Etat résultant du libéralisme débridé des tenants de l’après-pétrole qui a abouti au rééchelonnement, voire à asseoir des intérêts de ce qui a été désigné par feu Mohamed Boudiaf sous le vocable de mafia politico-financière.

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L’Algérie possède-t-elle réellement “une stratégique” économique claire ?


L’Algérie veut mieux contrôler les investissements sans changer de cap

L’Algérie continue sur la voie de l’économie de marché même si elle entend mieux contrôler les investissements privés nationaux et étrangers au moment où une éventuelle chute des prix du pétrole, première source de devises, pourrait mettre à mal sa politique de grands travaux. Ahmed Ouyahia, secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND, libéral) et chef du gouvernement, vient de l’affirmer à l’issue d’une réunion de son parti: “Il n’y a pas de changement de cap sur le plan économique. Il y a affinement de la méthode. Les réformes continueront sur le modèle libéral”. Certains observateurs nationaux avaient interprété des décisions annoncées en août par les autorités algériennes comme un retour à l’interventionisme étatique et même au “nationalisme patriotique”.

Parmi ces décisions figurent le renforcement du contrôle sur les sociétés étrangères désireuses d’investir en Algérie, par le biais de partenariats dont l’Etat détiendra désormais 51% du capital. Un investisseur étranger ne pourra plus acheter de terrains domaniaux et ne bénéficiera que d’une cession de ces terrains pour une durée de 33 ans renouvelable mais ne pouvant excéder 99 ans. Une succursale d’un groupe étranger paiera en outre 15% d’impôts sur ses bénéfices transférables vers sa société mère hors d’Algérie. Les investisseurs sont obligés d’investir une partie de leurs bénéfices sur place, et les plus values réalisées à l’occasion de la vente d’actions ou de parts sociales seront imposées. Enfin, l’Etat se réserve un droit de préemption à l’occasion de vente d’une société qu’il jugerait stratégique .

Démentant un tournant dans la politique économique algérienne, M. Ouyahia a souligné que l’économie de marché reste la feuille de route du gouvernement. Mais “cela ne nous empêchera pas de revendiquer une plus grosse part du marché” ni de “venir au secours des entreprises nationales”, a-t-il ajouté. Cette politique avait en fait été annoncée dès le 26 juillet et réaffirmée fin août par le chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika. Il avait alors souligné que “l’Algérie a besoin d’investissements productifs” mais “fondés sur un partage équitable des avantages et des bénéfices entre l’investisseur national ou étranger et la collectivité nationale”.

En décembre 2007, Orascom cement, filiale du holding Egyptien Orascom, avaient cédé des cimenteries, acquises au moment de leur privatisation, au groupe français Lafarge pour 8,8 milliards d’euros, sans que l’Etat algérien ne puisse intervenir. La décision d’Alger de miser sur des investissements contrôlés et générateurs de ressources pour l’Etat et surtout d’emplois, survient au moment où l’incertitude pèse sur le marché du pétrole dont une éventuelle baisse pourrait mettre à mal le financement d’une politique de grands travaux, lancé par le plan quinquennal 2005-2009. Il entraîne des investissements lourds de 140 milliards d’euros (200 mds dollars dont 50 en 2009) avec la construction de 1,4 million de logements, d’une autoroute Est-Ouest de 1.000 km, de barrages, de nouveaux ports, d’usines de dessalement, etc.

En août encore, M. Bouteflika avait prévenu: grâce à ses réserves financières, l’Algérie pourra financer “sans difficultés” le budget 2009, en déséquilibre de 20%, mais “cela ne doit pas faire illusion (…) car les hydrocarbures ne sont pas inépuisables et leurs prix ne dépendent pas de nous”. D’où la nécessité impérieuse pour ce pays d’attirer des investissements productifs sur le long terme dans une société où, cette année, plus d’un million de jeunes sont entrés à l’université. (AFP)

Via http://metaoui.skyrock.com

LE WEEK-END UNIVERSEL COÛTE CHER AU PAYS


1 milliard de dollars de pertes chaque année. Après les entreprises, bientôt l’administration?

Il s’agit d’un dossier épineux qui s’ajoute aux autres déjà nombreux du gouvernement: le week-end universel.

La Nouvelle conserverie algérienne (NCA), qui fabrique les célèbres jus de fruits «Rouiba», vient d’adopter, pour ses travailleurs, le nouveau week-end et cela depuis le 6 septembre dernier. Ainsi, les travailleurs de cette entreprise privée se reposent le vendredi et le samedi au lieu du jeudi et vendredi, week-end officiel algérien. La NCA, qui est une entreprise privée et de droit algérien, rejoint ainsi Arcelor-Mittal Annaba, filiale algérienne du géant mondial de l’acier qui avait décidé en juin 2007 d’adopter le week-end du vendredi et samedi au lieu des jours de repos habituels. Il faut signaler que ce n’est pas la seule entreprise étrangère de droit algérien qui adopte le week-end universel.

Les opérateurs de téléphonie Djezzy, Nedjma et même Lacom, les plus importantes entreprises de télécom dans le pays, ne travaillent pas les vendredis et samedis et cela depuis leur installation en Algérie. A cela s’ajoutent les ambassades orientales et surtout occidentales comme celles de la France, la Grande-Bretagne ou encore celle du Canada, qui est revenue au week-end universel depuis le mois de mai dernier. Seule l’ambassade des États-Unis adopte encore le week-end algérien.

Si l’adoption du week-end universel par les entreprises étrangères est normal en raison des échanges commerciaux et de communication avec leurs maisons mères à l’étranger, le choix de la NCA est tout de même surprenant et audacieux, car elle reste la première entreprise privée locale à se plier aux exigences économiques internationales et cela au détriment de la politique locale. Une décision qui, si elle n’est pas suivie de réaction étatique ou gouvernementale, peut pousser les autres groupes économiques tels que SIM ou Hamoud Boualem qui possèdent des échanges commerciaux importants avec des pays occidentaux et voisins.

Sur le plan politique, le week-end universel a ses défenseurs et ses opposants. Le premier qui applaudira la décision de NCA sera le Forum des chefs d’entreprises (FCE) qui avait appelé ses adhérents à opter pour un nouveau week-end, les vendredi et samedi.

L’Ugta avait pour sa part préconisé aux pouvoirs publics de modifier les journées de repos hebdomadaire et d’opter pour les vendredi et samedi comme nouveau week-end pour tous les travailleurs algériens. Mais le gouvernement n’a pas répondu favorablement à cette demande, tout en laissant les entreprises décider seules de changer leur week-end.

En fait, les autorités avaient sérieusement envisagé, durant les années 90, du temps du gouvernement Hamrouche et de Ghozali, de revenir au week-end universel (samedi et dimanche) pour des raisons politiques: lutter contre l’influence des islamistes radicaux. Mais, finalement, ces derniers ont eu raison du gouvernement. Aujourd’hui, les partis islamistes comme En Nahdha, Islah et le MSP soutiennent toujours le week-end musulman adopté par l’Algérie au même titre que la Libye et l’Arabie Saoudite.

Et pourtant, Boumediene qui avait abandonné en 1976 le week-end universel, avait demandé que les banques et les assurances ne soient pas touchées par cette mesure gouvernementale. Ce qui explique qu’aujourd’hui, les banques publiques et les assurances adoptent indirectement le week-end universel, puisqu’elles ne travaillent pas les samedis. «Nos plus importants échanges financiers se font avec les banques étrangères, c’est pourquoi la banque adopte presque le même week-end occidental», nous confirme une source de la Banque centrale.

Ce qui a arrangé d’ailleurs l’installation des banques occidentales tel que Société Générale, Hsbc, Cetelem ou encore BNP, qui ne perdent finalement qu’un jour du week-end universel.

Mais, malgré cela, le week-end musulman pénalise fortement l’économie algérienne: les opérateurs locaux ne travaillent que trois jours effectifs par semaine avec l’étranger (lundi, mardi et mercredi). Les plus grands perdants en crédibilité dans cette affaire ce sont les entreprises de courrier express, tel que Fedex, DHL ou encore UPS qui, à cause du week-end algérien, un courrier qui est sensé arrivé en 24h prendra plus de 72 heures pour arriver si il est envoyé un jeudi.

Aujourd’hui, les raisons de ces changements sont beaucoup plus économiques que politiques ou religieuses. Selon les estimations de la Société financière internationale (SFI, filiale de la Banque mondiale), l’Algérie perd chaque année, près d’un milliard de dollars, pour cause de décalage entre le congé hebdomadaire local et le week-end universel, en vigueur dans les pays occidentaux, avec lesquels elle réalise l’essentiel de ses échanges commerciaux.

Anis MANSOURI
18 Septembre 2008
http://www.lexpressiondz.com/article/2/2008-09-18/56375.html

Haro sur les fonds étrangers en Algérie


Le nationalisme économique est de retour en Algérie. Le président Abdelaziz Bouteflika a annoncé, le 8 septembre, que les banques étrangères exerçant en Algérie seront contraintes de consacrer une partie de leurs fonds à l’investissement productif, et pas seulement au soutien des importateurs ou à la promotion du crédit à la consommation.

L’activité des banques étrangères se concentre sur le crédit automobile, qui a explosé ces derniers temps, au point d’amener le gouvernement à instaurer une taxe supplémentaire sur la vente des véhicules.

Cette mesure complète une série de décisions durcissant, depuis un mois, les conditions d’investissement et de transferts des capitaux. Elles font suite à un discours du chef de l’Etat exprimant sa déception, en juillet, à l’égard des résultats peu probants des facilités accordées aux investisseurs étrangers.

Ceux-ci sont accusés de ne pas créer d’emplois - ou fort peu -, de ne pas permettre de transfert de savoir-faire ou de technologie et de ne pas accroître la production.

En revanche, les entreprises étrangères auraient effectué de substantiels transferts de bénéfices vers l’étranger. L’économiste Abdelhak Lamiri, directeur de l’Institut international supérieur de management d’Alger, a fait grand bruit en chiffrant ces bénéfices à 7 milliards de dollars pour l’année 2007 et en indiquant qu’ils pourraient avoisiner les 50 milliards dans les quinze années à venir.

Cette estimation a été contestée à Alger, mais elle a provoqué un redoublement des critiques dans la presse à l’encontre des autorités accusées d’accorder une importance excessive aux investisseurs étrangers dans la relance de l’économie.

Message entendu par le gouvernement qui a décidé, le 1er septembre, d’introduire dans le projet de loi de finances 2009, une taxe de 15 % sur le rapatriement par les filiales étrangères de leurs bénéfices, jusque-là exonérés d’impôt.

D’autres contraintes ont été annoncées, comme un droit de préemption de la puissance publique sur les entreprises cédées par des étrangers ou des nationaux, ou bien encore l’obligation que l’Etat détienne au moins 51 % dans les projets d’investissement engageant les fonds publics.

Ce regain d’interventionnisme a été en partie motivé par l’acquisition d’Orascom Cement (du groupe égyptien Sawiris) par Lafarge, en décembre 2007, pour un montant de 8,8 milliards d’euros. A la faveur de cette transaction, le groupe Lafarge s’est retrouvé propriétaire de deux cimenteries en Algérie, situées à Sig et à M’Sila, pour lesquelles d’importantes exonérations fiscales avaient été accordées à Orascom.

L’affaire n’avait rien d’illégal et c’est là que le bât blesse. Lafarge a pu s’implanter en Algérie à la faveur d’une opération qui court-circuitait l’Etat algérien.

Ce changement de règles du jeu risque de brouiller un peu plus l’image de l’Algérie auprès des investisseurs étrangers et de compliquer son dossier d’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Amir Akef - 19 09 2008
http://www.lemonde.fr/opinions/

Où va l’Algérie face aux enjeux de la mondialisation ?


Aisance financière, panne de la réforme globale et risque de transferts massifs de capitaux
vendredi 12 septembre 2008.

Les transferts de devises de l’Algérie vers l’étranger d’entreprises qui ne créent pas toujours de valeur ajoutée durable, pourraient, selon ce rythme, atteindre entre 2010/2015, 50 milliards de dollars
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EPLF, À qui profite la dissolution ?


En remettant en cause les performances des EPLF appelées à être dissoutes, les pouvoirs publics encouragent-ils sciemment un démantèlement des capacités nationales de construction et de promotion immobilières ? Au profit de qui ? Cherche-t-on à affaiblir le secteur public national au profit des promoteurs émiratis ou autres au risque de compliquer davantage l’accès des nationaux au logement ? Pourquoi ce forcing à démanteler un outil de production qui fonctionne et reste performant ?
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