SCANDALE À LA CAISSE NATIONALE DE MUTUALITÉ AGRICOLE : 7000 milliards détournés


Des entrepreneurs, des responsables de l’administration de l’agriculture et de la Caisse nationale de mutualité agricole ainsi que des centaines de fellahs seraient impliqués dans ce scandale.

Un détournement de 70 milliards de dinars a été constaté au niveau de la Caisse nationale de la mutualité agricole, a affirmé hier le secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens.
«Ce pactole a été détourné par un groupe de personnes sous forme de crédits accordés dans le cadre du programme de soutien aux agriculteurs», ajoute Mohamed Alioui qui s’exprimait en marge de l’assemblée élective du bureau de wilaya de l’Unpa, tenue hier à Boumerdès. Une accusation grave. Ainsi le programme de soutien à l’agriculture aurait servi de paravent à une énorme affaire d’escroquerie et de détournement.

Les «beznassia» ont mis à profit les failles des mécanismes d’attribution d’aides financières aux fellahs pour se sucrer.

Ainsi, la principale cause de la faillite de cet outil de leasing et d’accompagnement des paysans s’explique par le détournement des 70 milliards de dinars des caisses de la Cnma, par des personnes morales ou physiques, propriétaires de sociétés écrans ou fictives, «n’ayant aucune relation ni de près ni de loin avec l’agriculture», selon le conférencier. Une pure perte pour le secteur de l’agriculture puisqu’il n’y a aucun moyen de récupérer le moindre centime, selon l’orateur.

«L’argent détourné a servi à autre chose que l’investissement dans la production agricole qui en a tant besoin», a-t-il ajouté. A titre d’exemple, les fellahs de Boumerdès font face à un énorme déficit en fertilisants, notamment les engrais et les semences. Ce n’est pas la première fois que cette Caisse occupe les devants de l’actualité.

En effet, la Gendarmerie nationale a maintes fois diligenté des enquêtes qui auraient conclu qu’«un nombre impressionnant d’exploitations n’existaient en fait que sur papier».

Cette somme phénoménale représente presque la totalité de l’enveloppe financière allouée à la wilaya de Boumerdès dans le cadre du Fnrda. Pour rappel, un détournement de 450 milliards de centimes a été également découvert à la Cnma de Tissemsilt au début de l’année. Tandis que le tribunal relevant de la cour de justice de la wilaya de Tiaret avait condamné, au mois de mai dernier, 13 personnes à des peines de prison ferme dont quatre employés de la Caisse régionale de mutualité agricole de Tiaret pour détournement de 1,3 milliard de centimes en 2007.

Toutefois, Mohamed Alioui, pour apaiser un tant soit peu les choses, a tenu à préciser que les dettes de la Cnma, détenues auprès de 13.000 paysans, s’élèvent à 17 milliards de dinars et d’ajouter que la créance restante actuellement est de l’ordre de 12 Mds de dinars après le remboursement de 5 milliards de dinars.

Aussi, le conférencier n’a pas manqué de fustiger les auteurs des tentatives de création d’une organisation parallèle.

Dans la foulée, l’orateur a estimé que dans le but de préserver le pouvoir d’achat «une nouvelle forme d’organisation des agriculteurs en partenariat avec les commerçants s’impose» pour casser les monopoles et la spéculation.

Et Mohamed Alioui de conclure que «dans ce contexte d’anarchie caractérisant les marchés des fruits et légumes, on voit mal comment accéder dans ces conditions défavorables à l’OMC».

Mohamed BOUFATAH

http://www.lequotidienalgerie.com/index.php/4090/scandale-a-la-caisse-nationale-de-mutualite-agricole-7000-milliards-detournes/

Corruption: l’Algérie classée à la 92ème place


Après avoir reculé de 15 places (98ème) dans le rapport sur l’Indice de la perception de la corruption (IPC) établi il y a une année par l’ONG Transparency International alors qu’elle était au 84ème rang mondial sur 163 pays en 2006, l’Algérie, dans le rapport publié hier à Berlin, a gagné 7 places (92ème place) sur 180 pays avec un indice arrêté à 3,2 contre 3 une année avant.

L’Indice de Perception de la Corruption évalue la perception du niveau de corruption affectant les administrations publiques et la classe politique.

C’est un indice composite fondé sur différents sondages et enquêtes réalisés par des organismes indépendants et a couvert cette année le même nombre de pays et de territoires qu’en 2007 à savoir 180.

Se basant sur les résultats de 14 enquêtes et sondages menés par des organismes auprès d’hommes d’affaires et de spécialistes, le classement des pays s’établit sur une échelle de 0 (haut degré de corruption perçu) à 10 (faible degré de corruption perçu).

Cette année encore, on retrouve un habitué des trois marches du podium à savoir le Danemark qui a obtenu l’indice 9,3 contre 9,4 en 2007 et ce, à côté de la Suède et la Nouvelle-Zélande qui sont classées au même indice.

Au bas de l’échelle, on retrouve 4 Etats en guerre en l’occurrence l’Irak, la Somalie, la Birmanie et Haïti. Dans cette hiérarchie, on retrouve comme outsider un pays émergent comme Singapour qui a enregistré un IPC de 9,2. Le premier pays arabe à se placer dans ce classement n’est autre que Qatar qui vient en 28ème position avec un indice au dessus de la moyenne estimé à 6,5 alors qu’il était toujours le pays arabe le plus « propre » en 2007 en se classant à la 32ème enseigne.

A l’échelle du Maghreb, si la Tunisie est restée à la 62ème place avec un IPC de 4,4, le Maroc a reculé du 72ème au 80ème rang avec un indice de 3,5. Au plan africain, la palme revient au Botswana et le dernier de la classe n’est autre que la Somalie.

Commentant ce rapport, la présidente de l’ONG, Huguette Labelle, a indiqué lors d’une conférence de presse que «dans les pays les plus pauvres, la corruption peut être une question de vie ou de mort, par exemple quand de l’argent pour des hôpitaux ou de l’eau potable est en jeu».

La présidente de TI a également déclaré que ce phénomène n’épargne pas les démocraties occidentales développées. Ainsi, la superpuissance américaine n’arrive qu’en 18ème position avec un indice de 7,3 cohabitant avec le Japon. Ils sont devancés par l’Allemagne qui, avec un indice de 7,9, vient en 14ème position. La France, quant à elle, est classée à la 23ème enseigne avec un indice de 6,9.

Quant à Israël, il occupe la 33ème position au moment où le géant économique chinois est classé 72ème. Dans son rapport, TI ne s’est pas limité à classer les 180 pays du monde, mais d’analyser les résultats techniques.

Ainsi, il ressort que les pays pauvres sont souvent pénalisés par une justice corrompue et un système parlementaire inefficace. Les pays aisés souffrent, quant à eux, d’une régulation insuffisante du secteur privé et d’un manque de contrôle des institutions et des transactions financières, selon TI.

«Lutter contre la corruption nécessite un contrôle fort via des parlements, des forces d’exécution de la loi, des médias indépendants et une société civile dynamique», selon Mme Labelle.

«Lorsque ces institutions sont faibles, la spirale de la corruption échappe à tout contrôle avec d’horribles conséquences pour le peuple, et plus généralement pour la justice et le respect de l’égalité», a encore relevé la présidente de TI qui illustre son approche par l’exemple des pays pauvres où la corruption menace la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) que se sont fixés les Nations unies d’ici 2015, car elle risque d’alourdir la facture de 35 milliards d’euros, selon des calculs TI.

A titre d’exemple, l’Union africaine estime que la corruption coûte 148 milliards de dollars au continent chaque année, ce qui correspond aux PIB cumulés du Kenya, de la Tanzanie et du Cameroun.

Pour rappel, Transparency International publie depuis 1995 un indice de perceptions de la corruption (CPD) classant 180 pays selon l’analyse d’un groupe international d’hommes d’affaires, d’experts et d’universitaires.

D’apres Le quotidien d’oran. Par Salah C. Le 24 Septembre 2008.

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