ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE: LE FLN RÉPOND AU RCD


«Vous n’avez qu’à surveiller les urnes!»

«La surveillance des bureaux de vote concerne avant tout les militants»

Le FLN dont l’instance de coordination se réunit ce mercredi - pour préparer la candidature du chef de l’Etat à un troisième mandat - ne voit pas d’inconvénient à la présence d’observateurs.

A quatre mois de l’élection présidentielle, le débat sur la fraude refait surface. La présence des observateurs internationaux aux urnes est, d’ores et déjà, un sujet d’actualité. Le FLN dit qu’il n’y s’oppose pas: «Nous ne sommes pas contre la présence des observateurs internationaux aux urnes, mais nous donnons la priorité à nos militants», a déclaré le porte-parole du parti, Saïd Bouhadja. Faisant allusion à la formation de Saïd Sadi, laquelle exige la présence d’observateurs étrangers qu’il pose comme condition sine qua non à la participation de son président, le Dr Said Saadi, à cette élection, il dira: «Ceux qui appellent à la présence d’observateurs n’ont pas confiance en leurs militants.» Pour le parti FLN, la question du contrôle des urnes concerne, en premier lieu, les partis politiques. «C’est à eux de jouer le jeu et de surveiller le déroulement du scrutin», a-t-il ajouté.
Le porte-parole du FLN ne voit pas l’utilité de ces observateurs dont la présence obéit à des desseins politiques car, précise-t-il, la surveillance des bureaux de vote concerne avant tout les militants et les sympathisants du parti ou alors le candidat en question.

Pour ce faire, M.Bouhadja préconise une solidarité partisane: «Les partis politiques doivent se solidariser et mener une action commune pour lutter contre la fraude», a soutenu M.Saïd Bouhadja comme pour court-circuiter cette idée d’observateurs internationaux qui semblent le déranger au même titre que son parti. Le FLN ne voit pas l’utilité de faire venir en Algérie ces observateurs pour surveiller les urnes alors que chaque parti délègue un représentant au niveau de chaque bureau de vote. «Ceux qui appellent à la présence des observateurs internationaux n’ont qu’à faire le travail eux-mêmes», a-t-il précisé en soulignant que le procès-verbal est délivré en présence de tous les représentants des partis. Les propos du porte-parole du FLN visent le parti du RCD. A chacune de ses interventions publiques, Saïd Sadi réclame avec insistance la présence d’observateurs étrangers au point d’en faire une fixation. M.Sadi qui n’a pas caché son désir de se porter candidat à la prochaine présidentielle. Il a fait de cette revendication un préalable à satisfaire par le pouvoir pour sa participation.

Interrogé récemment sur cette question, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Yazid Zerhouni dit ne pas être contre la présence d’observateurs internationaux aux urnes. Or les propos du ministre de l’Intérieur sont loin de rassurer le parti du Rassemblement pour la culture et la démocratie. Ce dernier exige la venue de 5000 observateurs pour chapeauter l’opération électorale et assurer la transparence de l’élection présidentielle. En prévision de cette échéance, le parti de Belkhadem tait ses divergences, ses dissensions et ses discordances. La machine électorale doit être huilée pour l’événement et le temps est désormais compté pour le FLN, sachant qu’il risque de se faire devancer par son rival de toujours, le RND qui a sa tête le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, fraîchement installé dans cette nouvelle fonction.

Aussi, le FLN va réunir ce mercredi, apprend-on, l’instance de coordination pour préparer la candidature du président de la République à un troisième mandat. Des ministres, des sénateurs, des députés et des militants seront présents à cette réunion qui précède celle de l’instance exécutive.

Nadia BENAKLI
17 Novembre 2008
http://www.lexpressiondz.com/article/2/2008-11-17/57939.html

L’Algérie sera présente au sommet de la francophonie de Québec


Ce que le Canada espère du président algérien ?!

C’est presque officiel, le président Bouteflika sera présent au XIIe sommet de la francophonie, la semaine prochaine à Québec, au Canada.

Même si aucun canal officiel ne l’a annoncé, l’invitation semble avoir été acceptée par le Président qui aura maintenu le suspense jusqu’au bout. Ce serait le 16 octobre qu’il devrait prendre le vol vers Québec, apprend-t-on de source crédible. Il faut dire que les Canadiens ont tout fait pour que le Président accepte l’invitation de Québec en espérant que ce dernier fera l’annonce officielle, voire exceptionnelle de l’adhésion de l’Algérie à la francophonie. Depuis quelques mois, les envoyés spéciaux du Canada ont été dépêchés à Alger pour convaincre le président Bouteflika à participer au sommet.

Le Premier ministre canadien Stephen Harper a fait porter une lettre à Alger par le biais de son représentant personnel, Jacques Bilodeau, et Jean Charest- le Premier ministre québécois - a fait parvenir la sienne par le biais de sa ministre Monique Gagnon-Tremblay. Mais dans ce domaine, il faut davantage de tractations auxquelles a bien voulu se prêter le président Jacques Chirac. Le président Bouteflika s’est finalement rendu aux sommets de Beyrouth, en 2002, et de Ouagadougou, en 2004. Par contre il ne se déplaça pas à Bucarest en 2006, rompant la dynamique lui octroyant un statut d’observateur. Avec ses 33,8 millions d’habitants, dont 22 millions de citoyens utilisant la langue française, l’Algérie est le deuxième pays francophone du monde. Deux fois plus francophone que le Canada qui compte 33,2 millions d’habitants. «Les deux pays ensemble constituent un contrepoids politique idéal à la France et à ses 64 millions d’habitants», rappelle l’ancien secrétaire d’État à la francophonie, Denis Paradis, ami du président algérien. Mais le président Bouteflika estime que l’OIF est devenue un «machin onusien pour les pays francophones», qui n’a aucune influence en dehors du cercle restreint des ex-colonies françaises.

Cependant, on peut penser le ramener à l’idée de venir à Québec en octobre, nous confie un homme politique canadien, en lui rappelant que l’Algérie est le premier partenaire commercial du Canada pour l’ensemble du Maghreb et du Moyen-Orient. Grâce au Québec et à ses entreprises, les relations commerciales tiennent le coup depuis 30 ans : SNC-Lavalin a réalisé le Sanctuaire du martyr, à Alger ; Dessau-Soprin réalisera la Grande Mosquée d’Alger et dessinera sans doute les plans de l’autoroute est-ouest allant de la frontière marocaine à la frontière tunisienne ; une entreprise canadienne a vendu des simulateurs de vol à Air Algérie qui a établi une liaison directe avec Montréal ; Alcan construira une usine d’aluminium de sept milliards de dollars à Cap Djinet, près d’Alger. Tout cela sans compter les caisses populaires Desjardins et les compagnies d’assurances, qui sont en Algérie parce qu’elles utilisent la langue française.

Ces bonnes relations commerciales suffiront-elles à convaincre le président Abdelaziz Bouteflika de faire le voyage jusque dans la Vieille Capitale ?

Au cours de ces derniers mois, le Président a été présent au G8, à Hokkaido, au sommet de l’Union pour la Méditerranée, à Paris, et à l’ouverture des jeux Olympiques, à Pékin. Il a aussi promis à la Gouverneure générale, Michaëlle Jean, d’aller à Québec, mais «pour
fêter le 400e anniversaire de la ville»… M. A.

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Bouteflika annoncera-t-il l’adhésion de l’Algérie à l’OIF lors du sommet de Québec ?

Par Mahmoud Tadjer

Les autorités politiques de la province du Québec restent à l’écoute des moindres bruits provenant d’Alger au sujet d’une probable participation du président Bouteflika au sommet de la francophonie qui aura lieu du 17 au 19 octobre.

Les principaux dirigeants québécois, qui viennent officiellement d’adresser une invitation au chef de l’Etat algérien pour assister au 400e anniversaire de cette province du Canada, comptent sur sa présence. Ils espèrent, dans la foulée, que l’Algérie, qui reste le deuxième pays francophone au monde après la France, fasse sa demande officielle pour intégrer cet ensemble afin de faire contrepoids à l’influence et à la mainmise de la France.

Mais, pour l’instant, le gouvernement algérien n’a pas répondu positivement à cette invitation, de même qu’il n’a pas évoqué pour l’instant une probable adhésion à la francophonie. L’Algérie avait, rappelons-le, participé dernièrement aux travaux de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) en qualité «d’invitée spéciale», laissant ainsi la porte ouverte à une éventuelle adhésion. Selon les milieux diplomatiques, l’adhésion de l’Algérie à cet ensemble repose sur deux arguments pour expliquer ce virage à 180 degrés de la position algérienne. Selon eux, les modifications apportées à la charte de l’OIF au sommet de Bamako, en novembre 2000, qui consacre le dépassement de la doctrine basée sur l’usage commun de la langue française et prône une doctrine respectueuse de la souveraineté, des cultures et des langues des Etats membres, ont plaidé pour une adhésion de l’Algérie. Deuxième pays francophone par la population, l’Algérie n’est pas membre de l’OIF mais possède un statut qu’elle conserve depuis le sommet de Beyrouth en 2002, qui aura marqué la première participation de l’Algérie à ce forum de débat des pays francophones. Ce statut «d’invité spécial» ne lui confère ni le droit au vote ni à la parole. En effet, depuis son accession à l’indépendance en 1962, l’Algérie boudait non seulement cette organisation mais elle l’accusait de «visées néocolonialistes».

Ainsi, les aides proposées par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) – bourses aux étudiants francophones, formation des enseignants en langue française et autres types de coopération culturelle – furent-elles systématiquement refusées par les Algériens.
Chaque fois qu’un chef de gouvernement tentait un tant soi peu de relancer la coopération culturelle avec la France, on assistait à une levée de boucliers de la part de ceux qui, paradoxalement, ont été les premiers à mettre leurs propres enfants dans les écoles occidentales. Par ailleurs, deux sondages d’opinion, réalisés en 1999 et en 2001, ont révélé que plus de 70 % des Algériens étaient en faveur de l’enseignement du français dès la première année de l’école primaire.

Le français «est un atout, pas une menace», a déclaré le président Abdelaziz Bouteflika. Avec ses 63 membres, l’espace francophone devient de plus en plus une force politique. En témoigne son rôle décisif à l’Unesco pour l’adoption de la Convention sur la diversité culturelle, en octobre 2005, à New York, pour promouvoir une Organisation des Nations unies pour l’environnement (ONUE) ou pour créer le Conseil des droits de l’homme.

Ce sont 180 millions d’hommes et de femmes qui, dans le monde, parlent français ou aiment le français. Toutes les religions sont représentées au sein de l’OIF. Les 21 nouveaux entrants dans cette sphère sont des pays de l’Europe de l’Est. Aussi, les Québécois ne désespèrent pas de voir l’Algérie adhérer à la francophonie et l’annoncer triomphalement au Québec. La démarche proposée par l’Algérie est de faire de l’OIF un lieu de solidarité internationale effectif, et non pas, comme c’est actuellement le cas, un espace où la France exerce son influence en sa qualité de nation mère de la langue française. En vingt ans d’exercice et 10 sommets consommés, l’OIF compte parmi ses membres les pays les plus riches de la planète mais également les plus pauvres ; l’écart entre les deux groupes de nations n’a cessé de s’élargir.

M. T.

http://www.jeune-independant.net/pages/Actualite2.htm

Le président qui cache la forêt


Par Abed Charef. Abdelaziz Bouteflika attire les critiques et les assume. Ce qui permet d’occulter l’état de délabrement du pays.

La révision de la constitution? C’est le président Abdelaziz Bouteflika seul qui la veut, pour se maintenir au pouvoir de manière anti-démocratique. L’échec économique? C’est Bouteflika qui en porte l’entière responsabilité. L’extension de la corruption? La criminalité? Le regain de terrorisme? C’est Bouteflika.

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Archaïsmes et repères perdus


par Abdou B. «Moi qui règne, je suis plus soumis à mon peuple qu’aucun de mes sujets ne l’est à moi».
(St Exupéry)

Le Chef du gouvernement a été plus explicite que son prédécesseur, en confirmant ce qui n’était qu’une éventualité par d’autres qui ont occupé l’espace journalistique pendant des mois. Le président de la République est candidat à sa propre succession. Il ne reste que l’annonce des modalités techniques et juridiques qui seront arrêtées par le chef de l’Etat. Un référendum qui serait coûteux ou le passage par le Parlement, sachant que toutes les chances et les conditions pour la victoire sont réunies pour M. Bouteflika. Tout a été dit et écrit sur les nouveaux salaires des parlementaires pour les rendre plus souples pour ce qui est des futurs amendements constitutionnels.

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Révision de la constitution: L’annonce sera faite lors des assises de l’agriculture


C’est le 22 octobre prochain que le président de la République annoncera la décision de réviser la Constitution.

Le chef de l’Etat saisira l’opportunité que lui offrira la tenue des assises de l’agriculture pour faire son annonce. C’est ce que soutiennent des sources fiables. Cette annonce interviendra dans le sillage des déclarations faites par le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia et son prédécesseur , le secrétaire général du FLN , Abdelaziz Belkhadem qui a annoncé il y a moins d’une semaine devant les militants de son parti réunis à El Harrach que la révision de la Constitution se fera dans moins de deux mois. Pour sa part, le patron du RND, sans fixer une échéance, a néanmoins affirmé que la révision se fera prochainement.

Il faut aussi rappeler que le temps presse puisque nous sommes à moins de six mois du rendez-vous d’avril prochain. Le 22 octobre prochain, indique-t-on, le chef de l’Etat lèvera le voile sur le contenu de la nouvelle Constitution qui sera soumise aux membres du Parlement pour adoption. Le Parlement devrait être convoqué pour une session extraordinaire, comme le stipule la loi. Mais à ce jour bien malin est celui qui sera en mesure de dire quels sont les amendements apportés à la Loi fondamentale du pays en vigueur depuis 1996. selon certaines sources, cette révision ne devrait concerner que l’article 74 qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux. Ce qui constitue un écueil devant le désir des partisans d’un troisième mandat pour Bouteflika. L’abrogation de cet article doit ouvrir la voie au président de la république de briguer ce troisième mandat présidentiel auquel appellent nombre de formations politiques et d’associations.

Il est toutefois susurré que cette révision pourrait s’étendre et donner lieu à la suppression du poste de chef du gouvernement. Il semblerait que l’option de son remplacement par le poste de premier ministre est retenue. Prévu initialement, le poste de vice-président n’a pas été retenu dans le nouveau texte. Mais il reste qu’à ce jour, la seule certitude possible est que l’article 74 sera abrogé et que le candidat Bouteflika est sur le départ pour la course à la présidentielle d’avril 2009.

Par Selma M.
http://www.lejourdalgerie.com/Editions/290908/une/Lejour.htm#1

C’est fait, Bouteflika président à vie : les deux ou trois scoops d’Ouyahia


En appelant, hier jeudi, les militants du RND et l’ensemble de la société algérienne à soutenir la candidature du président Bouteflika aux prochaines élections présidentielles et en affirmant que “le RND est favorable à la révision de la Constitution qui va venir”, le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia a mis fin aux spéculations et livré quelques informations essentielles :

1. Abdelaziz Bouteflika va bien bénéficier d’un troisième mandat et non pas seulement d’une “prolongation de deux ans”.

2. Abdelaziz Bouteflika sera président à vie

3. Bouteflika a eu l’aval des “généraux décideurs”.

D’où l’implication du RND. « Nous soutiendrons le frère Abdelaziz Bouteflika au cas où il se présenterait pour un autre mandat, candidature que nous souhaitons, de même que nous mobiliserons toutes nos potentialités en faveur de sa campagne électorale pour un troisième mandat et la machine électorale (du RND) sera à sa disposition », a affirmé Ouyahia.

4. La révision de la Constitution aura lieu après le mois de Ramadhan. ” Le RND est favorable à la révision de la Constitution qui va venir”

5. Il n’y aura pas de référendum. La révision se fera par voie parlementaire.

L.M.
http://www.lematindz.net/news/1975-cest-fait-bouteflika-president-a-vie-les-deux-ou-trois-scoops-douyahia.html

Ouyahia : la révision de la Constitution, Octobre 88 et les puissants PDG d’EPLF


La révision de la Constitution serait imminente d’après Ouyahia. «La révision de la Constitution est proche. C’est tout ce que je peux dire», a soutenu hier le secrétaire général du RND, à l’occasion d’une conférence de presse organisée à l’issue de la première session du parti après son troisième congrès ordinaire.

La révision de la loi fondamentale, qui permettrait à l’actuel chef de l’Etat de briguer un troisième mandat, passera-t-elle par un référendum ou simplement par une simple consultation des deux chambres parlementaires ?
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Haro sur les fonds étrangers en Algérie


Le nationalisme économique est de retour en Algérie. Le président Abdelaziz Bouteflika a annoncé, le 8 septembre, que les banques étrangères exerçant en Algérie seront contraintes de consacrer une partie de leurs fonds à l’investissement productif, et pas seulement au soutien des importateurs ou à la promotion du crédit à la consommation.

L’activité des banques étrangères se concentre sur le crédit automobile, qui a explosé ces derniers temps, au point d’amener le gouvernement à instaurer une taxe supplémentaire sur la vente des véhicules.

Cette mesure complète une série de décisions durcissant, depuis un mois, les conditions d’investissement et de transferts des capitaux. Elles font suite à un discours du chef de l’Etat exprimant sa déception, en juillet, à l’égard des résultats peu probants des facilités accordées aux investisseurs étrangers.

Ceux-ci sont accusés de ne pas créer d’emplois - ou fort peu -, de ne pas permettre de transfert de savoir-faire ou de technologie et de ne pas accroître la production.

En revanche, les entreprises étrangères auraient effectué de substantiels transferts de bénéfices vers l’étranger. L’économiste Abdelhak Lamiri, directeur de l’Institut international supérieur de management d’Alger, a fait grand bruit en chiffrant ces bénéfices à 7 milliards de dollars pour l’année 2007 et en indiquant qu’ils pourraient avoisiner les 50 milliards dans les quinze années à venir.

Cette estimation a été contestée à Alger, mais elle a provoqué un redoublement des critiques dans la presse à l’encontre des autorités accusées d’accorder une importance excessive aux investisseurs étrangers dans la relance de l’économie.

Message entendu par le gouvernement qui a décidé, le 1er septembre, d’introduire dans le projet de loi de finances 2009, une taxe de 15 % sur le rapatriement par les filiales étrangères de leurs bénéfices, jusque-là exonérés d’impôt.

D’autres contraintes ont été annoncées, comme un droit de préemption de la puissance publique sur les entreprises cédées par des étrangers ou des nationaux, ou bien encore l’obligation que l’Etat détienne au moins 51 % dans les projets d’investissement engageant les fonds publics.

Ce regain d’interventionnisme a été en partie motivé par l’acquisition d’Orascom Cement (du groupe égyptien Sawiris) par Lafarge, en décembre 2007, pour un montant de 8,8 milliards d’euros. A la faveur de cette transaction, le groupe Lafarge s’est retrouvé propriétaire de deux cimenteries en Algérie, situées à Sig et à M’Sila, pour lesquelles d’importantes exonérations fiscales avaient été accordées à Orascom.

L’affaire n’avait rien d’illégal et c’est là que le bât blesse. Lafarge a pu s’implanter en Algérie à la faveur d’une opération qui court-circuitait l’Etat algérien.

Ce changement de règles du jeu risque de brouiller un peu plus l’image de l’Algérie auprès des investisseurs étrangers et de compliquer son dossier d’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Amir Akef - 19 09 2008
http://www.lemonde.fr/opinions/

LA NOUVELLE MISSION D’AHMED OUYAHIA


“Tenir la baraque et gérer le statu quo”. Le retour d’Ahmed Ouyahia à la tête de l’exécutif n’a toujours pas livré tous ses secrets. Comme préalable à ce retour, le secrétaire général du RND aurait sollicité la nomination d’une nouvelle équipe gouvernementale. Une requête rejetée pour des considérations essentiellement politiciennes.

Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - Dans certains milieux politiques, on estime que le patron du Rassemblement national démocratique joue actuellement le rôle de «soupape de sécurité». «Les tensions au sommet de l’Etat ont pris des proportions alarmantes à cause de la volonté de Bouteflika de réviser la Constitution pour s’assurer un troisième mandat. Les opposants à cette option auraient accepté de gagner du temps en imposant le départ de Abdelaziz Belkhadem et son remplacement par Ahmed Ouyahia.

En revenant aux affaires, ce dernier se transforme en soupape de sécurité», note une source qui a requis l’anonymat. Selon elle, lors des «tractations », Ouyahia aurait imposé une condition à ce retour : le changement de l’équipe gouvernementale. «Avant de prendre ses fonctions, il aurait exigé un remaniement ministériel. Pour Ouyahia comme pour ceux qui ont fait appel à lui, la gestion des affaires courantes jusqu’à la tenue de l’élection présidentielle ne peut être assurée correctement avec des ministres qui ont cumulé les échecs. Une liste avait été préparée pour les besoins de ce remaniement.

Parmi les noms évoqués, on retrouve notamment celui de Abdelkrim Harchaoui comme ministre des Finances», souligne notre source. Le fait accompli Il semblerait, toutefois, que Bouteflika ait pris de court ses opposants en précipitant la fin de fonction de Belkhadem et la nomination d’Ouyahia. Un fait accompli qui a faussé tous les calculs. Du côté du gouvernement, aucun changement notable n’est constaté, mis à part la nomination de Bessalah aux télécommunications et celle de Benaïssa à l’agriculture. Pire, le RND d’Ouyahia perd même deux postes ministériels : les transports et la famille. Mais il y a surtout le renforcement du département de Djamel Ould Abbès (solidarité nationale, famille et immigration) qui est perçu comme un véritable pied-de- nez par les proches d’Ouyahia. Il est utile de rappeler qu’une polémique avait opposé les deux hommes au mois de février dernier lorsque le secrétaire général du Rassemblement national démocratique avait critiqué dans un meeting la politique du couffin prônée par Ould Abbès.

Sur un ton acerbe, ce dernier ira jusqu’à déclarer qu’Ouyahia «perd son sang froid». Mais c’est surtout sur le plan de la gestion économique du pays que le successeur de Belkhadem éprouve des appréhensions. Les modes de gestion imposés depuis des années par Temmar et Khelil, les «ministres du président», ont été des plus négatifs sur l’économie nationale. Ces dernières semaines, les dossiers de l’investissement et de la privatisation ont mis au grand jour les divergences entre Ouyahia et Temmar.

Les pièges

Pour ce qui est du remaniement ministériel, Ouyahia aurait introduit, après sa nomination, une nouvelle requête auprès de la présidence. En vain. Alors pour éviter d’être piégé par le passif légué par son prédécesseur, il décide de passer à l’action trois semaines après sa nomination. Dans une instruction datée du 13 juillet, Ouyahia somme l’ensemble des membres de son gouvernement, les walis et les magistrats de lutter activement contre le gaspillage des deniers publics et la corruption. Le texte en lui-même dresse un bilan catastrophique du passage d’Abdelaziz Belkhadem à la chefferie du gouvernement.

Il est toutefois encore trop tôt pour constater si cette directive est suivie sur le terrain. A condition, bien sûr, qu’Ouyahia ait les moyens de la faire appliquer. Et la présidentielle dans tout ça ? Il est clair qu’au jour d’aujourd’hui, le patron du RND ne peut prétendre à être candidat en 2009. Pour deux raisons essentielles : il se retrouve bloqué par son statut de chef du gouvernement, d’une part, et d’autre part, Ouyahia a clairement affirmé qu’il ne se présenterait jamais contre Abdelaziz Bouteflika. Sa mission se limitera à «gérer le statu quo» jusqu’aux prochaines élections. Mais il n’est pas à l’abri de mauvaises surprises, d’autant plus que ses moyens de riposte sont très limités. Et en attendant des jours meilleurs, Ahmed Ouyahia devra se contenter de tenir la baraque… tout en étant sur ses gardes.

T. H.
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2008/09/17/article.php?sid=73381&cid=2

Ben Ali tancé, Bouteflika ménagé …


La secrétaire d’état américaine a abordé le dossier des droits de l’Homme à Tunis, mais pas à Alger.

La secrétaire d’État américaine a-t-elle une conception à géométrie variable de la question des droits de l’Homme ? Si elle a réservé une place de choix à ce dossier lors de l’étape tunisienne de sa tournée maghrébine, Mme Rice a, en revanche, fait l’impasse sur la question lors de son séjour algérois.
À Tunis, la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice ne s’est pas gênée de presser le président tunisien Zine El-Abidine Ben Ali d’accélérer les réformes politiques. “Nous avons très clairement fait savoir que nous aimerions que la Tunisie en fasse davantage, notamment pendant les préparatifs des élections de 2009”, a-t-elle déclaré à la presse, à l’issue de ses entretiens avec le chef de l’État tunisien.

Diplomate qu’elle est, la responsable américaine a toutefois édulcoré sa critique vis-à-vis du régime de Ben Ali en concédant qu’“il y a eu des réformes politiques” en Tunisie avant d’inscrire ses pressions dans le registre de l’amitié qui lie les deux pays. “Nous sommes de bons amis et nous pouvons (à ce titre) avoir de très bonnes et intenses discussions sur des questions de politique interne et externe. Et c’est comme cela que cela s’est passé”, a-t-elle soutenu, avant de souligner qu’elle a eu avec le président tunisien une “discussion très bonne et intense” sur la liberté de la presse, la libéralisation de l’Internet, l’accès de l’opposition à la télévision.

Mais à Tunis, Mme Rice n’a pas servi que des “critiques amicales” pour la Tunisie de Ben Ali qui se voit décerner un très bon point sur la question de la femme. “Je tiens à souligner que j’ai parlé du rôle extraordinaire joué par les femmes en Tunisie. Les femmes ont accompli un grand progrès ici”, s’est-elle félicitée. Reste à savoir pourquoi la responsable américaine a évacué de ses discussions avec les autorités algériennes cette question abordée également en Libye. Il est vrai que comparée à celle qui prévaut en Tunisie ou encore en Libye chez le sulfureux Al-Kadhafi, la situation des libertés publiques est de loin meilleure en Algérie. Mais l’Algérie est-elle pour autant un pays démocratique où les droits de l’Homme ne sont plus l’objet de violations ?

La question mérite d’être posée, d’autant que les ligues et autres organisations algériennes de défense des droits de l’Homme, tout comme l’opposition ont souvent dénoncé des “abus à répétition”. Si leur existence est formellement tolérée, les syndicats autonomes ne sont pas reconnus officiellement et leurs animateurs se voient souvent réserver de la part des autorités algériennes un mauvais traitement.

L’état d’urgence, instauré depuis 1992, et l’interdiction d’organiser des marches à Alger, depuis 2001, sont maintenus alors que la situation sécuritaire, selon la rhétorique officielle, s’est nettement améliorée. Si les partis d’opposition ont une existence légale et tiennent librement leurs activités, ils sont toutefois exclus des médias publics, notamment de la télévision. C’est dire qu’en matière des droits de l’Homme et des libertés, l’Algérie a, elle aussi, beaucoup à faire. Aussi, il est à se demander pourquoi la responsable américaine a fait l’économie d’un échange avec les responsables algériens sur cette question en préférant axer ses entretiens presque exclusivement sur la lutte contre le terrorisme. À la décharge de Mme Rice, la situation sécuritaire, notamment depuis le ralliement du GSPC à Al-Qaïda, est nettement plus préoccupante en Algérie qu’en Tunisie ou en Libye.

Mais cela n’explique pas tout quand on sait que ce dossier intéresse aussi bien les Algériens que les Américains, surtout que ces derniers font de la démocratisation des pays sous-développés, et notamment ceux du monde arabe, la pierre angulaire de leur politique internationale. Il est vrai que les voies de la diplomatie sont impénétrables.

ARAB CHIH le 08 09 2008
http://www.liberte-algerie.com/


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