Algérie : près de 4500 femmes violentées durant le premier semestre 2008


L’Algérie s’apprête à célébrer, mardi, 25 novembre, la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard de la femme dans un contexte marqué par un regain de ce phénomène. Près de 4500 cas de violences contre les femmes ont été enregistrés durant les six premiers mois de 2008, soit le même nombre pour toute l’année 2001, a indiqué aujourd’hui, dimanche, à l’APS la commissaire principale Messaoudène Kheira, chef de bureau national de la protection de l’enfance de la délinquance et de la femme victime de la violence.

Parmi elles, 2 675 femmes ont été victimes de violences physiques, 1 359 ont été maltraitées, 144 ont subi une violence sexuelle, 107 ont été harcelées et 4 ont été carrément éliminées physiquement, a précisé la même source. 15,8% des agresseurs de ces femmes sont les conjoints, 4,21% des amants ou des fiancés, 3,21% sont des frères, 2,9% des ascendants, 0,77% des pères et 72% sont des étrangers (voisins, collègues…).

L’âge des victimes varie de 26 à 75 ans : 28% ont de 26 à 35 ans, 25% ont entre 18 et 25 ans, 21% entre 36 et 45 ans, 13% entre 46 et 55 ans, 5,9% entre 56 et 65 ans, alors que 1,7% sont âgées de plus de 75 ans. Les grandes villes enregistrent le plus grand nombre de cas de violence à l’égard des femmes, a souligné la commissaire, relevant qu’Alger arrive en tête avec 850 cas, suivie d’Oran avec 342 cas et Annaba avec 289 cas.

Mais ces données ne reflètent nullement l’ampleur du phénomène étant donné que ce ne sont pas toutes les femmes violentées qui déposent plainte. Cela est du notamment à leur méconnaissance de leurs droits, d’une part et au poids des traditions, d’autre part. Face à cette situation, le président de la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’homme (CNCPPDH), Farouk Ksentini a plaidé aujourd’hui à Alger pour une législation plus « rigoureuse » et plus « sévère » contre la violence à l’égard de la femme afin de la protéger davantage contre ces graves atteintes à ses droits.

Par yasmine djaber
http://www.tsa-algerie.com
23 11 2008

Le 5ème Congrès Mondial Amazigh aura lieu à Meknès au Maroc


Après l’interdiction par les autorités algériennes du cinquième congrès du CMA qui devait se dérouler du 25 au 27 juillet 2008 en Kabylie, plusieurs associations membres du CMA au Maroc, ont présenté leurs candidatures pour organiser ce grand rendez-vous amazigh international. Tamunt N Iffus et Tamaynut ont proposé d’accueillir le congrès à Agadir, Imal à Marrakech, Asidd à Meknes et Touiza à Tanger.

Après avoir longuement étudié chacun des dossiers qui étaient tous d’une grande qualité, le bureau du CMA a finalement porté son choix sur la ville de Meknes pour abriter le 5° congrès du CMA, du 31 octobre au 2 novembre 2008.

Le bureau du CMA félicite l’association Asidd de Meknes et tient à remercier très vivement les associations Tamunt N Iffus, Tamaynut, Imal et Touiza, pour s’être portées candidates à l’organisation de ces 5èmes assises du Congrès Mondial Amazigh.

Le Bureau du CMA informe que le comité local d’organisation du congrès de Meknes sera coordonné par l’association Asidd et invite, dans un esprit de collaboration et de solidarité, les associations Tamunt N Iffus, Tamaynut, Imal et Touiza à faire partie de ce comité.

En perspective de ces prochaines assises du CMA, les associations amazighes des pays de Tamazgha et de la diaspora sont invitées à mettre à jour leur situation vis-à-vis des statuts et du règlement intérieur du CMA et à procéder à la désignation de leurs délégués au congrès.

Toutes les informations techniques et pratiques pour participer au 5° congrès du CMA seront publiées prochainement.

Paris, le 31/08/2008
P/le bureau du CMA | Belkacem Lounes, Président

http://www.amazighnews.net/20080904232/Le-Congres-Mondial-Amazigh-aura-lieu-a-Meknes.html

ALGERIE: Le premier livre d’Histoire en tamazight


Après la Bibliothèque nationale d’El Hamma, Iberdan n’Tissas 1934-1965 (les chemins de l’honneur) de Messaoud At Ammar, ancien moudjahid, considéré comme le premier livre sur l’Histoire de la guerre de Libération nationale en tamazight, a été présenté avant-hier à la maison de la Culture de Tizi-Ouzou

La rencontre a été animée par Abdeslam Abdenour en présence de Abdellah fils de l’auteur Messaoud Oulamara, en plus de quelques personnalités de la région à l’image des coordinateurs de l’ONM Tizi-Ouzou, de Malika Matoub de la fondation portant le nom de Lounès Matoub, de Belaïd Abrika et de nombreux citoyens, venus découvrir la première œuvre d’Histoire en tamazight. Le fils de l’auteur exprimera tout de go sa satisfaction de voir enfin l’œuvre de son père sortir des tiroirs de l’oubli, avant de replacer le débat dans son contexte historique “ L’idée de cet ouvrage est née après la conférence donnée en décembre 1984 par Messaoud At Ammar à l’université de Tizi-Ouzou à l’occasion de la célébration de l’aniversaire des événements de décembre 1960, Iberdan n’ Tissas est un témoignage historique d’un officier de l’ALN et un artisan du 1er Novembre 1954 en haute Kabylie.” indiquera M. Oulamara.

Ce dernier ajoutera que son père issu d’une famille d’armuriers, fut dès les premières heures de la Révolution impliqué dans la lutte puisqu’il connut à plusieurs reprises la prison et la torture depuis 1947.

Il fut d’ailleurs condamné à mort par contumace, en compagnie de Hocine Zahouane, Krim Rabah et Saâdi Salah.

Il a vécu les actions de 1954, dans la région de Michelet, il fut arrêté au retour d’une mission à Tizi-Ouzou et interné à la prison de Berrouaghia durant deux années, “ce récit d’une vie dense est un voyage dans la Kabylie et l’Algérie depuis les années 20, l’observation dès sa jeunesse du système colonial dominateur dans l’Oranie où mon père a vécu une partie de sa jeunesse. La naissance de l’organisation anti-coloniale moderne, le rôles des structures villageoises, les relais joués par les marchés hebdomadaires, c’est le témoignage authentique sur l’une des périodes les plus structurantes du mouvement national”, soulignera le fils de l’auteur.

Il faut dire que la rencontre a été magistralement animée par le chercheur-linguiste Abdeslam Abdenour, ce dernier est à plusieurs reprises intervenu, pour replacer le débat mais aussi “provoquer” les présents afin de les impliquer activement dans le débat.

Classés en cour chapitres, Messaoud At Ammar relate dans son livre les évènements auxquels il a directement pris part, les mises en place des sections PDA, et le quadrillage de la haute Kabylie, les jeux électoraux et le bourrage des urnes, le soulèvement raté de Mai 1945, la crise bérbériste, les bombardements au napalm, la vie en prison et au maquis. “Le lecteur y trouvera les témoignages sur les multiples acteurs qui ont jalonné son parcours et l’histoire nationale alors que l’épilogue du livre relate l’offre qui lui a été faite par le nouveau pouvoir après le 19 juin 1965 pour rejoindre les instances dirigeantes qui venaient d’être créées” conclut le conférencier. A noter enfin que M. Abdeslam nous a fait savoir que des rencontres de la même nature auront lieu respectivement à Béjaïa et Bouira.

A. Z.
Source : La dépêche de Kabylie
Synthèse pour dz-live.com 15 10 2008

Mécontents de leurs conditions de travail: Des Chinois marchent sur Alger


Beaucoup se sont étonnés, les automobilistes surtout, ceux empruntant la RN 4, entre Khémis-Miliana et El-Hoceïnia, à la vue d’une quarantaine de ressortissants chinois, employés de la société CITIC, marcher en file, les uns derrière les autres, et se dirigeant vers El-Hoceïnia. On a remarqué qu’ils n’avaient sur eux que des bouteilles d’eau pour seules provisions.

Au niveau du Col du Kandec, d’autres automobilistes ont pu voir que d’autres attendaient leurs compatriotes, certains avec véhicules. Tous, se sont regroupés et ont pris la route en direction d’El-Hoceïnia, où la CITIC a installé sa base-vie principale.

Les responsables algériens locaux n’ont pas saisi, tout de suite, les motivations de ces étrangers qui ont pris la route seuls alors qu’ils sont sous la protection des services de sécurité. Le groupe de «marcheurs» parti vers midi d’El-Khémis est arrivé vers 16h à El-Hoceïnia. Ils ont été orientés par leurs responsables vers la base-vie; une discussion s’en est suivie et il semble qu’il n’y a pas eu d’accord avec les responsables du consortium CITIC. Selon des indiscrétions, ces «marcheurs» mécontents ont pris la décision de se rendre à Alger pour exposer leurs doléances au service de l’ambassade chinoise.

Etant donné, le problème de la langue et en l’absence d’interprète, le teneur des problèmes qui les ont motivés à entreprendre cette marche sur Alger, reste indéterminée.

Problèmes professionnels? Sûrement mais quelles revendications? Trop de charge de travail, un rythme d’enfer? Problèmes de salaires impayés? Pour le mouvement une enquête est en cours.

Cependant, quel que soit le problème, pour le moment, il est sino-chinois.

Par ailleurs, le mythe des Chinois qui travaillent et travaillent, sans relâche, dans la discipline et sans réclamation vient d’être sérieusement égratigné.

On notera que le consortium chinois de la CITIC, qui a réalisé le tronçon d’autoroute El-Hoceïnia/El-Khémis et le nouveau campus de Khémis-Miliana, compte dans ses «rangs» 1.260 employés de nationalité chinoise.

A 17h, les services de sécurité alertés, étaient mobilisés pour suivre de près cette marche 2008.

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5110532
15 10 2008

Synthèse pour dz-live.com

Oran: 94 cas de sida en six mois


Le nombre de cas de sida est en «accroissement sensible». En effet, 94 cas ont été enregistrés durant le premier semestre de l’année en cours selon un rapport présenté par la Direction de la santé de la population et de la réforme hospitalière de la wilaya d’Oran, hier, à l’occasion de la tenue de la troisième session ordinaire de l’APW.

Le nombre de cas de sida est passé de 9 cas à Oran en 2005 et 70 séropositifs à l’Ouest du pays à 44 nouveaux cas l’année dernière pour atteindre 94 cas pour le premier semestre de l’année en cours. Des chiffres très inquiétants qui ne reflètent pas toute la réalité, puisque certains séropositifs ignorent qu’ils sont porteurs du virus, et de nombreux sidéens ne déclarent pas leur maladie de crainte de la ségrégation. Il y a aussi la honte. S’ajoutent à ça la diversification des cas de contamination, le manque de campagnes de sensibilisation, ainsi que le manque de structures spécialisées dans la prise en charge des personnes vivant avec le virus dans les autres wilayas, et qui sont tout simplement à la recherche de l’anonymat.

Pour ce qui est de la situation épidémiologique, le même rapport indique que 784 cas de tuberculose dont 498 cas de tuberculose pulmonaire ont été enregistrés durant le premier semestre de cette année. Le rapport rappelle que la wilaya d’Oran compte sept structures de prises en charge des tuberculeux dont deux ont été ouvertes cette année à Hai Chouhada et Maraval. Trois autres seront ouvertes incessamment à Arzew, Boutlélis et Oued Tlélat. D’autre part, 168 cas de méningite, 1 cas de rage, un cas de fièvre maltaise, un cas de fièvre typhoïde, 34 cas d’hépatite A et 65 cas d’intoxication alimentaire ont été enregistrés durant l a même période.

Pour rappel, 2.489 cas de maladies à déclaration obligatoire ont été enregistrées en 2007 à Oran dont 62% de cas de tuberculoses (1.549 cas) avec une incidence de 98 cas pour 100.000 habitants, 16% de méningite (plus de 390 cas) et 5% de zoonoses (environ 125 cas).

Durant la même année, il a été recensé 212 cas d’intoxication alimentaire collective, 112 cas de fièvre boutonneuse méditerranéenne.

par J. B
Synthèse dz-live.com
http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5110425

Prévoir les flux migratoires grâce aux maths !


Un mathématicien de Bab Ezzouar met au point un programme : Prévoir les flux migratoires grâce aux maths

Combien d’immigrés arriveront en Algérie dans les années à venir ? Combien émigreront vers l’étranger ? Combien d’Algériens quitteront les villes pour les campagnes ? Anticiper et chiffrer les phénomènes migratoires est devenu aujourd’hui une priorité pour savoir quelles politiques adopter dans les années à venir.

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Algérie. Un nouveau livre sur les maladies rares des enfants


Un nouveau livre sur les maladies rares des enfants vient d’être édité par la maison d’édition « Echihab ». Ecrit par le Dr Benmansour Abdelmadjid, spécialiste en pédiatrie à Oran, cet ouvrage scientifique, intitulé « Maladies lysosomales, Anomalies génétiques », traite de maladies difficiles à diagnostiquer et peu connues aussi bien des médecins généralistes que des pédiatres. Selon l’auteur de ce livre, le taux élevé de consanguinité au Maghreb serait le facteur déclencheur de ces pathologies auxquelles les médecins devront faire face tôt ou tard.

Composé de deux parties distinctes, le livre porte dans sa première partie sur les maladies lysosomes et dans sa seconde partie sur les anomalies des chromosomes dont la plupart sont extrêmement rares.

Usant de sa propre expérience dans le domaine, le Dr Benmansour a illustré son livre par des photos, radio, IRM et courbes de croissance de cas de malades qu’il a traités. Ce qui permettra, souligne le spécialiste, de faire plus facilement le diagnostic de ces maladies rares et de réduire le délai de traitement, actuellement disponible pour certaines d’entre elles. Tout retard dans le diagnostic de la maladie représente une contre-indication au traitement et peut, par conséquent être fatal pour l’enfant malade. « La mort peut survenir dans des circonstances très douloureuse », soulignera Dr Benmansour.

Si le traitement est disponible pour certaines maladies, pour d’autres, cependant, il n’y a aucun remède. Le seul espoir sont les recherches scientifiques qui sont très avancées.

L’ouvrage, préfacé par de grands noms de la pédiatrie (Pr Phillipe Evard, chef de service de Neuropédiatrie à l’hôpital Robert Derbé à Paris et Pr Alain Verloes, chef de service de génétique clinique au niveau du même hôpital) est actuellement disponible au niveau des librairies.

Le quotidien d’Oran
26 09 2008

L’Algérie crée des centres de rétention destinés aux immigrants africains


Après bien des années d’hésitation, l’Algérie a accepté le principe de créer des centres de rétention destinés aux immigrants africains en situation irrégulière sur le sol national.

Cette décision vient d’être notifiée officiellement le 2 juillet dernier, via le journal officiel (JO) qui publiait une loi (la loi du 25 juin 2008) durcissant les « conditions d’entrée, de circulation et de séjour des étrangers » en Algérie.

Ce texte, qui a abrogé une ordonnance datant du 22 juillet 1966, n’a pas pour unique objet la « lutte contre l’immigration illégale » mais elle autorise dorénavant les services consulaires et les services de sécurité à photographier les ressortissants étrangers et à prendre leurs empreintes digitales, de même qu’elle les autorise à mémoriser ces empreintes et photographies et à les utiliser (article 15). De même qu’elle crée des « centres d’attente, destinés à l’hébergement des ressortissants étrangers en situation irrégulière, en attendant leur reconduite aux frontières ou leur transfert dans leurs pays d’origine » (article 37). Les étrangers détenus dans ces centres peuvent y être gardés pendant une période de 30 jours renouvelable.

L’article 42 punit d’emprisonnement entre 2 et 5 ans « tout étranger qui se soustrait à l’exécution d’un arrêté d’expulsion ou d’un arrêté de reconduite aux frontières ou qui, expulsé ou reconduit à la frontière, pénètre de nouveau sans autorisation sur le territoire algérien ». L’article 46 prévoit la même peine pour « toute personne qui [...] facilite l’entrée, la circulation, le séjour ou la sortie de façon irrégulière d’un étranger en situation irrégulière sur le territoire algérien ». Depuis quelques années, l’Algérie est devenue un pays d’immigration pour les Africains et une destination très prisée pour ces ressortissants du continent. Depuis le début de l’année 2008, plus de 3 000 immigrants clandestins, originaires de 28 pays d’Afrique, ont été arrêtés et refoulés du territoire algérien, selon des sources proches du ministère de l’Intérieur.

Dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine, l’Etat algérien a décidé de mobiliser une enveloppe de 18 milliards de dinars pour lutter contre ce phénomène qui prend une ampleur de plus en plus alarmante. La moitié de ce montant sera déboursée pour le transport des immigrants clandestins vers leurs pays d’origine. Le ministère de l’Intérieur a conclu des conventions avec des transporteurs privés pour reconduire ces immigrants clandestins aux frontières de leurs pays, sous haute surveillance des éléments de la police des frontières. Ce budget a été revu à la hausse, alors qu’il ne dépassait pas les 6 milliards de dinars en 2007.

Cette hausse est justifiée par la prise en charge totale des immigrés clandestins jusqu’à leur arrivée dans leurs pays et par l’ampleur prise par ce phénomène ces dernières années. En effet, l’année dernière, les services de la Sûreté nationale ont arrêté plus de 12.000 immigrants clandestins, dont 7.000 Maliens et 3 000 Nigériens.

Saïd Farhi — La Voix de L’Oranie

jeudi 25 septembre 2008

Sa Fatwa a fait scandale au Maroc et dans le monde. Mais il la maintient


Ayant pris connaissance d’une fatwa qui autorise le mariage de fillettes de neuf ans, la société civile a réagi contre son auteur, le salafiste Mohamed Ben Abderrahmane Al Maghraoui.

Le salafiste Cheikh Mohamed Ben Abderrahmane Al Maghraoui, le fondateur de l’association Addawa Ila Al Coraane wa Sounna (Appel au Coran et à la sunna) a soulevé un tollé par sa fatwa (avis religieux) qui autorise le mariage de fillettes de neuf ans. Des ONG, un avocat, des internautes marocains et étrangers, la presse nationale et internationale ont réagi pour dénoncer cette fatwa. Ils ont considéré que cet avis encourage la pédophilie et vise à bouleverser la stabilité sociale du pays. Ils ont aussi estimé que cela porte atteinte aux dispositions du code de la famille qui institue la capacité matrimoniale à 18 ans. Selon eux, les divagations du cheikh portent également atteinte aux dispositions de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

La fatwa décriée est publiée sur le site du cheikh Al Maghraoui (maghrawi.net ou darcoran.net) depuis le 12 août dernier. Elle a été émise en réponse à un interlocuteur étranger qui lui a posé une question via Palktalk, nous affirme Zakaria Abousohayb qui gère le site du cheikh Maghraoui.

La question a été posée pour savoir si une « femme » peut être mariée avant d’avoir ses règles menstruelles ».

« (…) Quand la femme a la capacité de supporter (sexuellement) l’homme, elle peut être mariée quel que soit son âge. Evidemment, celles en bas âge et en très bas âge ne peuvent pas être données en mariage. Mais il se peut que les filles de 10 ans, 11, 12 ou treize ans aient une structure physique et des capacités mentales qui leur permettent de se marier. Il nous a été dit et avons vu que des filles de 9 ans ont la capacité de se marier autant que le sont les filles âgées de 20 ans et plus. Et cela ne pose aucun problème », a répondu Maghraoui. Il persiste donc à vouloir autoriser le mariage précoce des petites filles. La seule condition qu’il pose, c’est que la fillette montre la capacité physique à supporter la vie conjugale.

Pour cela, Cheikh Maghraoui évoque l’interprétation directe du texte du hadith où il est rapporté que le prophète a épousé Aïcha alors que celle-ci n’avait que 9 ans. D’ailleurs, en réponse à ses détracteurs, il a publié une mise au point où il reprend ces arguments et d’autres (les avis des quatre rites) et s’attarde en particulier sur la position du rite malékite, qui, selon lui, autorise le mariage précoce.

Il appelle ses détracteurs à lui répondre « scientifiquement » par des arguments qui se tiennent « religieusement ».

Il est à signaler qu’un avocat des barreaux de Rabat, Mourad Bekkouri, a saisi le parquet au sujet de cette fatwa, lui demandant de lancer une poursuite contre Maghraoui. Pour se défendre, le cheikh estime que sa fatwa est basée sur des référentiels qui se tiennent. Il a écrit dans sa mise au point qu’« intenter une action en justice contre l’auteur de la fatwa et l’offenser dans les journaux et magazines, c’est offenser le prophète ainsi que les savants de l’Islam et à leur tête les leaders des quatre rites (hanafite, malékite, chaféite et hanbalite). Cela porte aussi atteinte aux sources authentiques de l’Islam que ce soit les livres du hadith et d’interprétation de « sira » (biographie du prophète) », a-t-il écrit dans sa réponse.

Entretien exclusif avec cheikh Mohamed El Maghraoui

« Epouser des fillettes de 9 ans n’est pas un crime »

Cheikh Mohamed El Maghraoui
Attaqué pour une fatwa qu’il a publiée sur son site Internet autorisant le mariage des petites filles, Mohamed Ben Abderrahmane Al Maghraoui se défend.

Pouvez-vous d’abord nous parler du contexte de votre fatwa et quand aviez-vous donné cet avis ?

A vrai dire, je ne sais pas quand est-ce que je l’avais donné. Il faudrait pour cela revenir à mon site pour voir. C’est peut-être une ancienne fatwa.

Quelles sont vos références quant à l’avis religieux que vous avez prononcé ?

Cet avis se réfère au Hadith du prophète. Il y a un hadith contenu dans Sahih Al Boukhari (Tomme 7, pages 282 et 283). Il est contenu dans le chapitre qui traite du mariage du prophète. Dans ce hadith, l’épouse du prophète Aïcha rapporte que le prophète l’avait épousée à l’âge de neuf ans. D’ailleurs, c’est une évidence qui est reprise également dans le Sahih Mosslim et dans différents ouvrages qui reprennent la vie du prophète.

C’est un fait qui est connu. Je ne peux pas émettre un avis et parler ainsi sans me référer à un texte religieux considéré comme authentique.

Mais admettre le mariage à neuf ans n’est-ce pas en contradiction avec le code de la famille?

C’est vrai que le code de la famille fixe l’âge du mariage à 18 ans, mais il donne aussi au juge la prérogative d’autoriser le mariage, selon son appréciation, à un âge inférieur. Et je connais beaucoup de gens qui ont épousé des filles qui ont cet âge de neuf ans. Le code de la famille permet au juge de voir, selon son appréciation si la fille a la capacité du mariage. Pour cela il la convoque et il demande un certificat médical qui prouve qu’elle a la capacité de se marier. S’il relève cette capacité il a le pouvoir discrétionnaire de la marier.

Mais cela est considéré comme un encouragement au mariage des filles en bas âge

Dans mes avis, j’encourage toujours mes interlocuteurs à se référer au juge pour se marier. Je n’ai jamais encouragé quelqu’un à se marier en dehors de cette procédure.

Fikh Al Wakie (doctrine réaliste), comme disent les foukaha (docteurs de la religion), doit être pris en considération. Il est évident que de notre temps, une fille de neuf ans doit être sur les bancs de l’école, non ?

Nous devons toujours nous référer aux pratiques du prophète. Nous disons que s’il arrive qu’une fille de neuf ans se marie et si l’intérêt d’un musulman l’exige, ce n’est pas un crime. Car cela se trouve dans la tradition du prophète.

Votre fatwa va encourager la pédophilie

En aucun cas il ne m’est passé par l’esprit d’encourager la pédophilie.

Mais le fait de donner cet avis, cela encourage des gens, notamment ceux qui croient en vous, à contracter ce genre de mariage avec des enfants, en arguant de votre fatwa ?

Malgré l’existence de textes religieux qui autorisent ce mariage, les intéressés doivent avoir au préalable l’autorisation du juge. Personne ne pourra se marier sans cet accord.

Ne pensez-vous pas qu’une telle fatwa porte atteinte à l’image du prophète et à l’Islam notamment chez les occidentaux qui ont l’Islam dans le collimateur ?

C’est notre religion. Et nous puisons ses principes dans ses sources originales. Nous ne pourrons pas dissimuler des choses qui existent dans nos principales sources religieuses. Est-ce que nous allons omettre de les lire et de les voir alors qu’il s’agit de faits qui concernent notre prophète.

Quelle est votre réaction par rapport à cette campagne menée contre votre fatwa ?

Je n’ai pas suivi cette campagne. Avant de mener cette campagne il aurait fallu que ses initiateurs aient contacté la personne concernée – moi - et lui demander son avis sur la chose et l’avoir entendue. Mais de se référer à une simple fatwa, qui est peut être ancienne, pour éclabousser ma personne, ce n’est pas une bonne chose. Le fait d’insulter une personne ainsi sans prendre la peine de la contacter est incorrect. C’est pourquoi je pense que cette campagne cache des arrières pensées. Il y a beaucoup d’exagération et peut être de la mauvaise foi. Car on écrit sur moi comme si ont écrit sur quelqu’un qui n’est plus de cette vie. Personne ne m’a contacté pour avoir ma propre version.

Il y a une action en justice contre vous comment allez-vous réagir ?

Je n’ai encore rien reçu dans ce sens. Mais s’il y a une action en justice contre moi bien sûr que je vais me défendre. J’ai tous les documents pour apporter mes arguments. Et celui qui veut porter atteinte au prophète, c’est son affaire, car c’est la tradition du prophète qui est en jeu, là.
Un avocat saisit le parquet

Mourad Bekkouri, avocat du barreau de Rabat, a été l’un des premiers à agir contre la fatwa émise par Cheikh Mohamed Ben Abderrahman Al Maghrawi.

«J’ai saisi le procureur général du Roi par une requête où je lui demande de réagir, par voie de justice, contre Mohamed Ben Abderrahman Al Maghrawi parce que ce dernier porte atteinte au code de la famille, aux droits des enfants et incite au viol », nous a précisé Me Mourad Bekkouri lorsqu’il a été contacté par le Reporter.

Zemzmi cloue au pilori Maghraoui

L’islamiste Abdelbari Zemzmi, député du Parti de la Renaissance et de la Vertu, a qualifié la fatwa de son homologue Al Maghraoui de « véritable aberration ». S’exprimant sur cette fatwa, il la juge comme relevant « d’un univers complètement absurde ».

Pour lui, « marier une fillette de neuf ans, c’est plus que précoce, c’est une tragédie que toute famille refuserait de faire subir à son enfant. Cheikh Mohamed Benabderrahmane Al Maghraoui fait malheureusement partie de ces «salafiyine motachaddidine», (salafistes extrémistes) qui interprètent les textes religieux de manière rigide et sèche. Le mariage d’une fillette de neuf ans ne peut exister et n’est nullement réaliste. Je considère cette fatwa comme une mauvaise interprétation du texte sacré », a-t-il déclaré.

Najat Anwar, présidente de l’association, « Touche pas à mon Enfant » :

“En ce qui concerne l’Iftaa (l’habilité à lancer des fatwas), en général, je crois que l’Etat doit jouer un rôle de premier plan. Nous avons tous en mémoire les vastes campagnes visant à éviter toute déviation du discours religieux. L’Etat doit encore investir dans ces campagnes d’information pour conserver une direction religieuse.

En ce qui concerne la fatwa du dénommé Maghraoui, selon ce que j’en ai compris, cela relève de l’absurde. La majorité d’entre nous ont été choqués, voire réellement indignés de la tenue de tels propos de la part de ce Cheikh qui risque de nuire grandement à notre stabilité religieuse.

Un des rôles du mufti est d’aider les gens à résoudre leurs problèmes et non pas d’en créer de nouveaux.

Pour être forte, notre réaction demande une réflexion mûre et lente pour bien identifier les causes de diffusion de tels propos.

Nous ne pouvons prendre à la légère de telles déclarations et nous ne pouvons les banaliser. Nous avons ici un signal d’alarme.

Tous ensemble nous devons réagir à de telles déclarations. Car nous ne pouvons pas accepter la diffusion de tels propos déstabilisants et déshumanisants.”

L’âge du mariage et les pouvoirs du juge

Voici ce qu’énoncent les articles 19 et 20 du code de la famille qui traitent de l’âge du mariage

Article 19 - La capacité matrimoniale s’acquiert, pour le garçon et la fille jouissant de leurs facultés mentales, à dix-huit ans grégoriens révolus.

Article 20 - Le juge de la famille chargé du mariage peut autoriser le mariage du garçon et de la fille avant l’âge de la capacité matrimoniale prévu à l’article 19 ci-dessus, par décision motivée précisant l’intérêt et les motifs justifiant ce mariage. Il aura entendu, au préalable, les parents du mineur ou son représentant légal. De même, il aura fait procéder à une expertise médicale ou à une enquête sociale.
La décision du juge autorisant le mariage d’un mineur n’est susceptible d’aucun recours.

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Jeudi, 18 Septembre 2008 09:28 Brahim Mokhliss
http://www.lereporter.ma/index.php?option=com_content&view=article&id=327:sa-fatwa-a-fait-scandale-au-maroc-et-dans-le-monde-mais-il-la-maintient&catid=54:dossier&Itemid=172

Pourquoi les universitaires touchent-ils des salaires de misère ?


COMMUNIQUE DU CONSEIL NATIONAL DES ENSEIGNANTS DU SUPERIEUR (CNES)

“Deux poids, deux mesures”

Au comment où les enseignants chercheurs s’attendaient à un dénouement heureux du régime indemnitaire, après un salaires de base loin de leurs attentes, voilà que l’annonce d’une hausse inimaginable des salaires venus d’ailleurs, des parlementaires, nous laisse perplexe. Ces augmentations astronomiques par rapport aux salaires de l’élite universitaire prennent donc effet rétroactivement à partir du 1er janvier 2008. Le CNES escompte que ce fait unique dans les annales des hausses des salaires de la République Algérienne ne sonne définitivement le glas sur le moral et le rendement des fonctionnaires si les pouvoirs publics ne révisent efficacement les salaires dans le futur immédiat. Si le CNES enregistre l’alignement des indemnités des parlementaires avec ceux de leurs homologues maghrébins et même européens, il prend acte amèrement de la dévalorisation perpétuelle des enseignants chercheurs par rapport aux mêmes normes.

Les parlementaires ont voulu des salaires des ministres et ils les ont eu sans aucun refus ni fermeté des pouvoirs publics comme c’est le cas des enseignants universitaires qui ne cessent de lutter depuis des lustres mais n’ont récolté que des restes. Les enseignants chercheurs ont été placés dans les catégories hors échelle mais la réalité montre que des traitements ne sont absolument basés ni sur les compétences, ni sur l’échelle des valeurs encore moins des diplômes.

Le CNES redoute que cette politique, des deux poids deux mesures, soit annonciatrice d’une autre hémorragie du corps des enseignants chercheurs vers d’autres cieux plus cléments fondés sur la reconnaissance de l’élite et du Savoir. Le CNES craint que le budget colossal de l’équivalent de 1 Milliard 200 Millions de Dollars destinés au programme quinquennal de la recherche scientifique, n’aurait point l’effet attendu tant que les rémunérations des acteurs principaux restent très en-deçà des aspirations et de l’ambition du pays à relever les défis et regagner le concert des nations en voie de développement. Il ne s’agit donc pas d’investissements en moyens et matériels mais bel et bien en ressources humaines et en pérennisation de celle-ci. Que le discours du Président de la République, ayant trait à la restitution de sa place naturelle au corps intellectuel, soit traduit dans les textes et appliqué dans les faits. Tout en appelant les enseignants à se mobiliser plus que jamais et à être solidaires autour de leur syndicat, Le CNES interpelle une fois de plus les pouvoirs à une régularisation conséquente dépassant « nos espérances » comme ils l’avaient promise et se sont engagés à honorer dans le cadre du statut particulier de l’enseignant chercheur.

Alger, le 20 Septembre 2008
P/ le Bureau National
Le Coordonnateur National

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