APRÈS LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION, CHADLI S’EXPRIME


«Je voulais instaurer un système parlementaire»

Peu porté sur l’expression publique, depuis sa retraite politique, l’ancien président de la République, Chadli Bendjedid, sonna, jeudi, à El-Taref, une brusque rupture avec son légendaire silence. Ce qu’il affirma comme préférence pour le système parlementaire, le seul à même d’asseoir la souveraineté nationale se lit, opportunément et à juste tire, comme une dénonciation du coup de force constitutionnel perpétré le 12 novembre dernier.

Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir) - Qu’il ait souvent répondu présent aux cérémonies organisées à l’occasion du 1er Novembre et, à chaque fois, filmé en gros plan échangeant un brin d’amabilités avec le président Bouteflika, ne fait donc pas forcément de lui un adepte du pouvoir actuel. Cette disponibilité procéderait de la courtoisie. «Pendant 12 ans, j’ai exercé le pouvoir. Je suis arrivé à la conviction que le système n’est plus valable et qu’il faut le changer pour ouvrir les portes à la jeunesse, et ce, pour qu’elle prenne les rênes du pouvoir et prenne son destin en main.

Et non par la grâce de la légitimité historique. Je voulais instaurer un système parlementaire pour le retour à la souveraineté nationale et le rétablissement de la confiance entre gouvernés et gouvernants. Je dois dire le vérité devant vous pour les générations futures», a-t-il lâché, comme se soulageant d’un aveu trop longtemps comprimé, lors du colloque organisé à El-Taref sur la vie militante du colonel de l’ALN, Amara Laskri. Pris dans le contexte actuel, l’aveu du président Chadli se comprend comme une nette démarcation de ce que le président de la République en exercice a tissé comme linceul au principe de l’alternance au pouvoir. Il a affirmé à la fois sa préférence pour un système parlementaire et sa répugnance de la convocation de la légitimité historique pour l’accès et le maintien au pouvoir. Voilà une franche et assumée contradiction assénée au président Bouteflika qui œuvre à l’instauration d’un régime outrancièrement présidentiel et qui, pour conforter son règne, fait, au besoin, valoir une légitimité historique. Il est vrai que le président Chadli n’a pas parlé comme le ferait un héraut devant une foule qui a besoin d’une surdose d’excitation.

Il a parlé calmement et sereinement, à sa façon de gentlemen de dire les choses. L’assistance, fort nombreuse, qui l’écouta attentivement témoigner ce jeudi, comprit le message : Chadli Bendjedid a attesté, dans une expression bien choisie, de son non-acquiescement au système politique que le président Bouteflika travaille à instaurer. La Télévision nationale, qui assura une large couverture du colloque, avait, elle également, saisi la portée de la déclaration du président Chadli. Preuve en est que ce qu’affirma Chadli ne figurait pas parmi les morceaux choisis, lors du journal télévisé de 20 heures. Pourtant, ce n’est pas tous les jours qu’on entend un ancien président de la République, un Chadli Bendjedid de surcroît, commenter l’actualité politique nationale. Les téléspectateurs se seraient suffi, jeudi, d’un double balayage qui faisait apparaître Chadli, quelque peu fatigué, assis au premier rang, à côté du ministre des Moudjahidine, Saïd Abadou. Sa prise de parole est passée sous silence.

Il n’étonne guère, cependant, que l’Unique agisse de la sorte à l’égard de ceux qui refusent d’exécuter le seul couplet que le pouvoir en place aime entendre : l’appel pour un troisième mandat. En revanche, la sortie de Chadli Bendjedid, elle, est à méditer. Pour deux raisons, au moins. D’abord parce que l’homme n’a pas pour habitude de s’épancher à l’occasion de meetings ou rencontres publiques. En suite, il ne s’est que très rarement fendu d’un commentaire sur l’actualité politique immédiate. Agira-t-il maintenant qu’il a parlé ? Là est la grande question. Valable aussi pour l’autre président, Liamine Zeroual, objet de sollicitations à rivaliser avec Bouteflika en avril 2009.

S. A. I.
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2008/11/29/article.php?sid=76329&cid=2

Ali Yahia : Faut-il changer de peuple ou de dirigeants ?


L’indépendance du pays a engendré des dirigeants qui ont confondu Etat, Nation et Société, socialisme et capitalisme d’Etat, socialisme national et national et socialisme, droit du peuple à disposer de lui-même, et droit de l’Etat à disposer du peuple. Les Algériens n’ont libéré leur pays, que pour se soumettre à une autre domination. Ce ne sont pas ceux qui se battent qui récoltent les lauriers, sauf à titre posthume. C’est le propre de toute révolution d’être détournée ou inachevée. Ceux qui n’arrivent pas à bloquer la locomotive prennent le train en marche.

Cinq Constitutions en 46 ans d’Indépendance.

Le peuple algérien n’a pas le contrôle de son destin, subit la politique au lieu de la conduire. La vie politique est conçue avec un seul objectif, pérenniser le régime politique en place.

L’Algérie a eu de nombreuses constitutions, la 5eme avec celle qui vient d’être adoptée par le parlement, pour avoir leur respect et les règles de jeu qu’elles impliquent. Changer de constitution tous les 9 ou 10 ans, relève d’un excès qui n’honore pas la démocratie. Pour chaque nouveau président de la république, la constitution en vigueur est la cause première de tous les maux du pays. Il faut la changer, la réviser, l’amender. Les constitutions peu appliquées sont bafouées, révisées et usées avant d’avoir servi. Faut-il changer de peuple ou de dirigeants ?

Il y a violation de la constitution du 28 Novembre 1996, par le renforcement excessif du pouvoir personnel. Le sentiment d’être indispensable, irremplaçable, est inhérent à toute fonction d’autorité. Le président de la république n’a pas pris de distance avec l’ivresse du pouvoir, qui n’est pas une bonne conseillère, et n’a pas sur lui-même un regard extérieur. Il s’est assis sur les principes, car ils finissent toujours par céder. Le pouvoir qui a outrepassé son crédit politique, est maintenu au-delà de son utilité. Aucun ministre n’a démissionné, et aucun n’a été démissionné.

Le pouvoir s’incarne en un homme, qui a mis en hibernation toute forme de d’activité politique. L’Algérie est le pays d’un seul homme, son chef, monarque absolu, qui exerce un règne sans partage. Au fil des années le pouvoir s’est transformé en monarchie pour tout dominer, tout contrôler , tout régir, avec le concours de ses conseillers qui sont à son image et à sa dévotion, du gouvernement centre de gestion où siègent aux postes clefs ses inconditionnels, et de la haute administration tenue par ses fideles.

Un président de la république à la fois chef de l’exécutif, ministre de la défense, qui a fait du gouvernement l’annexe de la présidence, du parlement deux chambre d’enregistrement, de la justice son bras droit répressif, un outil à son service qui ne répond pas aux critères de la Constitution. La tendance à accumuler titres et fonctions, à s’octroyer des pouvoirs de plus en plus étendus, à intervenir dans tous les domaines de la vie publique, à nommer à tous les postes de responsabilité ses proches partisans, et à développer des rapports de type monarchique avec son entourage, le gouvernement et le parlement, n’est pas conforme à la constitution parlementaire dans sa lettre, mais présidentielle dans son esprit.

La nouvelle Constitution

Elle a entériné tous les pouvoirs que s’est approprié le président au cours de ses deux quinquennats, en contradiction de la constitution, et dans le silence si ce n’est l’approbation du Conseil Constitutionnel. La révision de la Constitution se traduit par l’octroi d’un pouvoir quasi absolu, inamovible, à vie au président. Elle fait de lui seul tout l’exécutif. Tout le pouvoir en osmose avec l’ultra libéralisme. Le présidentialisme, c’est l’édification du peuple avec celui qui le gouverne, le chemin assuré au renoncement des citoyens à exercer pleinement leurs droits.

La révision de la Constitution assure en droit une présidence à vie au président, qui ne veut pas de successeur de son vivant. Le parlement s’est enfoncé par ce vote dans un discrédit dont il aura du mal à se relever.

Lorsque l’histoire politique d’un homme est finie, quand son mandat légal se termine, il ne faut pas forcer le destin en ajoutant un nouveau chapitre : dix ans c’est assez, dix ans ça suffit.

« Changer de Constitution pour un seul homme, ne serait pas correct » a dit l’ancien président russe Wladimir Poutine.

Quel est le bilan des deux mandats du président ?

Une politique se juge à son efficacité, à ses résultats et non à ses intentions. Il faut démystifier le pouvoir, dénoncer les excès dont il est coutumier, analyser ses fautes et ses erreurs, ses causes et ses conséquences. Le peuple doit connaître l’état réel du pays. La crise économique et sociale se répète, se prolonge, s’en chaîne, s’amplifie et s’aggrave, la coupe est pleine, c’est le ras le bol, le pays bouge, se fracture, craque de partout, et la rue est le dernier recours lorsque toutes les possibilités de se faire entendre sont épuisées. L’Algérie est l’exemple d’une profonde injustice sociale : paupérisation de la population jusqu’à l’indigence, délitement du tissu social et familial, effondrement du système de santé.

La sécurité humaine concerne la pauvreté, la faiblesse du système d’éducation, et le manque de liberté. La politique néoconservatrice, ultralibérale du pouvoir ne peut qu’aboutir à une société duale, verticalement divisée, entre d’une part les nantis qui vivent bien, et d’autre part la majorité de la population, les chômeurs, les travailleurs, les retraités, les couches moyennes laminées, exaspérés par les conditions de vie qui leurs sont réservées, la régression brutale de leur niveau de vie. Il n’ya que deux formules de solidarité, le partage de la pauvreté, ou celui de la prospérité.

La corruption qui sévit à tous les niveaux et dans tous les domaines, est devenue un style de vie et de gouvernement. Tant que ce cancer ne sera pas vaincu, la santé morale du peuple est menacée.

La levée de l’état d’urgence en vigueur depuis plus de 16 ans, conditionne la libération du champ politique et médiatique, ainsi que l’exercice des libertés individuelles et collectives. La paix qui est le sens de notre réflexion et de notre action doit être traitée sous le seul angle qui n’a pas été abordé, celui de sa dimension politique et non sécuritaire. Ce n’est pas pour le moment la voie choisie mais elle mérite d’être explorée. La présence des Kamikazes pose un problème qui va bouleverser dans un proche avenir toute la stratégie sécuritaire du pouvoir. Le GSPC présent et actif sur le terrain, a la capacité de se renouveler du fait que des adolescents, des jeunes et des moins jeunes frappent aux portes des maquis.

L’occident, particulièrement l’Union Européenne, dit à nos dirigeants comme à ceux des pays du Sud ; dirigez vos pays comme il vous plait, en dictateurs, tirez sur la foule, torturez, emprisonnez, donnez vous à la corruption, truquez les élections comme il vous plait, interdisez ou restreignez les libertés syndicales, mais ouvrez vous largement aux investissements étrangers, et à la libre circulation des capitaux mais pas des hommes, et à la libre accumulation des profits.

Le président ne veut pas partir sur un échec, mais veut rester toute sa vie au pouvoir pour réaliser son programme quinquennal, Kaid Ahmed, ministre des finances et du plan après le coup d’Etat du 19 juin 1965 disait : le plan triennal sera réalisé, même dans 10 ans »

La souveraineté du dinar doit se traduire par l’arrêt de sa dégradation, le redressement de sa valeur, et par sa convertibilité. Le bon sens indique qu’une nation doit d’abord occuper réellement toutes les parties de son territoire, et cela signifie qu’elle doit les cultiver et les faire produire, car sa vraie richesse aussi bien que sa véritable santé, découle de ce qu’elle fait de sa terre et du rapport qu’elle a établi avec elle. L’autosuffisance alimentaire devient un objectif lointain, sinon hors d’atteinte.

La situation de l’Algérie à l’étranger s’affaiblit, et le premier objectif et de lui redonner sa place est son autorité, dans le monde.

Devant qui le président est responsable, et quelles sont les limites de son pouvoir ?

L’armée est aux commandes du pays, entend bien le rester, et n’a pas l’intention de renoncer à son statut de détentrice du pouvoir réel. Les coups d’Etat par les armes ou par les urnes, sont dans sa tradition. La philosophie du système politique en place, est que le président de la république choisi par les décideurs de l’armée, puis élu par un vote qui n’est qu’une simple formalité de confirmation, est placé durant son mandat sous leur haute surveillance, afin qu’il ne dévie pas de la mission qu’ils lui ont assignée, et qu’il ne lui reste plus selon la formule consacrée qu’à se soumettre ou se démettre.

Porté au pouvoir par les décideurs de l’armée, le président A.Bouteflika a fait des déclarations à géométrie variable, a dit dans la même forme une chose et son contraire. Il affirme son autonomie de décision par rapport au pouvoir réel, refuse d’être son otage et son exécutant. Y’a-t-il des divergences stratégiques au sommet de l’Etat ? Enfermer le pays dans un corset de fer, serait une erreur vite payée, par l’éclatement de l’armature elle-même.

Quelle peut être la crédibilité et la légitimité d’élections issues de la fraude ?

La fraude électorale bien intégrée dans les mœurs politiques du pays, est au rendez vous de toutes le sélections.

Les élections n’ont pas pour objet de choisir les dirigeants, car le choix se fait avant et ailleurs, mais seulement de tenter de les légitimer. L’Algérien ne peut avoir des droits la où il n’est pas élevé d’abord à la dignité de citoyen. Le plus grave n’est pas d’avoir des sujets, mais de les appeler citoyens. Aujourd’hui une nation de sujets est prête à devenir une nation de citoyens ; c’est la même pièce de théâtre politique qui est jouée à chaque élection, avec les mêmes acteurs, avec chaque fois un seul gagnant, le pouvoir. L’alternance est la seule protection possible contre les facilités et les tentations qu’entraine l’accoutumance au pouvoir. La dégradation politique et morale des institutions est due à son absence.

La maladie du président

C’est un domaine où le bluff psychologique et l’intoxication font partie de la règle de jeu. Les Algériens s’interrogent sur la maladie du président ? Pour certains d’entre eux il est très malade, inapte à assumer sa tâche, retenu pour un troisième mandat dans le seul but de préparer sa succession. A-t-il la capacité physique d’exercer pleinement sa fonction ? Quelles sont les raisons du secret, du mystère qui entoure sa maladie ? Et toujours ces bruits, ces doutes, et en guise de réplique des démentis. La confiance du président dans son énergie, sa vigueur, dans ses facultés intellectuelles, constitue une réaction naturelle, humaine. Pour ses fans, ses admirateurs, très nombreux qui n’attendent que son signal, pour le suppléer de se sacrifier pour un troisième mandat, il est vif, en très bonne forme, et se trouve dans une remarquable condition physique et intellectuelle. Le président peut dire comme l’ancien roi d’Espagne : « il n’y’a pas d’abus de pouvoir en ce pays, il n’y’a que des abus d’obéissance ». Fidel Castro a renoncé à exercer sa fonction parce qu’il est malade.

Où en est l’Algérie qui accélère sa descente au purgatoire ? Que deviendra-t-elle dans les quatre mois à venir ? Quelle solution de rechange politique, qu’elle alternative ? Le jeu politique est verrouillé. Le système politique centralisé qui est à sa fin, est négateur des libertés. Il faut un changement radical dans le style et la méthode de gestion du pays, pour mettre un terme à la dégradation politique et morale des institutions, corrodées depuis 10 ans pas les clans du pouvoir, qui ne sont qu’une forme de tribalisme, qui ne reconnait que les intérêts de ses membres. Après une décennie d’un pouvoir politique totalitaire qui ne cesse de se renforcer, la souveraineté nationale et la citoyenneté, la liberté et la justice, car il n’y’a pas de liberté sans justice, ni de justice sans liberté, la séparation et l’équilibre des pouvoirs, la volonté de doter la fonction présidentielle de sa signification démocratique sans en diminuer la prééminence, de rendre au gouvernement ses prérogatives, de restituer au parlement ses pouvoirs et sa dignité, et à la justice son indépendance, sont le programme commun de l’opposition.

Il faut prendre le temps de réfléchir pour avancer dans la bonne direction, du fait que la politique a créée de par sa nature et son rôle, de vives tentions et des divisions entre les différents courants politiques, sociaux et culturels. La pensée politique n’est pas encore soucieuse de rigueur et de cohérence, n’incarne pas encore l’esprit de synthèse et de concorde, pour que les bombes à retardement ne contribuent pas à fragiliser l’avenir. Les contradictions existent, il faut les aborder de front sans biaiser avec la réalité. Il faut rester à l’écoute des pulsions de la société.

L’opposition va devoir épouser les problèmes, car elle n’aura d’audience et d’autorité que si elle offre des solutions, que si elle surmonte ses divergences, que si elle demeure unie, parle le même langage, que si elle est déterminée dans son ensemble et dans chacune de ses composantes, à définir les objectifs à atteindre et les méthodes qui permettront d’y parvenir. Elle doit se garder de deux dangers qui la menacent, le sectarisme et l’exclusion.

Il faut exclure l’exclusion, et être intolérant avec l’intolérance.

La démarcation se fait entre les démocrates et les faux démocrates, les républicains et les faux républicains, les islamiques et les faux islamiques. Le prix à payer pour une société de liberté et de justice, pluraliste, est l’apport de chacune et de chacun à ce foisonnement d’idées, d’initiatives, de propositions, d’expressions divergentes et contradictoires, qui libéreront les énergies de millions d’hommes et de femmes que le pouvoir actuel condamne à l’impuissance. C’est ensemble qu’on peut faire basculer l’opinion publique, et ouvrir un espace de liberté dans les quatre mois à venir qui seront riches en événements, avec la volonté et la capacité d’agir en toute confiance et respect mutuel, afin que le peuple devienne le chef du futur. Il faut laisser dans un premier temps, les courants politiques, sociaux, culturels, les personnalités, les militants, s’exprimer, faire entendre leurs convictions et leurs idées. Il faudra ensuite coordonner toutes ces voix et écrits, en faire la synthèse, pour dégager les conditions du renouveau politique, et lancer un appel, pour rassembler les forces et les moyens du succès.

Un tel appel n’appartient pas à ses initiateurs, il appartient à ceux et à celles qui sur leurs lieux de travail, le reprennent à leur compte, et décident eux-mêmes de son utilisation, et de son adaptation. Celui qu’ils attendent et qui les attend pour agir ensemble, est peut être près d’eux. La transparence et la concertation dans l’élaboration de la prise de décision est une impulsion politique décisive.

Pour gagner il ne suffit pas de savoir se battre, il faut aussi et surtout se préparer d’abord, choisir ensuite soigneusement le lieu et le moment de l’action, de la confrontation politique. Quand il n’ya pas d’adhésion du peuple au pouvoir, il y’a résistance active mais aussi résistance passive, plus grave par le force d’inertie.

« Vous faites semblant de nous payer, nous faisons semblant de travailler » ont dit les travailleurs de Roumanie à Ceausescu.

L’analyse du mécanisme par lequel le pouvoir a été subtilisé au peuple, proclamé souverain par toutes les constitutions, a été faite un grand nombre de fois. La prochaine élection présidentielle posera un sérieux problème, car dans la mémoire collective des Algériens, le souvenir des fraudes électorales est encore vivace. L’élection est close quant à se résultats avant d’avoir commencée. Le scrutin comme d’habitude passera au mieux pour une formalité, au pire pour une farce électorale. Le chemin de la liberté n’est pas celui de la participation à des élections truquées, mais celui de l’abstention, du boycott, qui est une arme politique efficace.

Alger le 22 novembre 2008
Maître Ali Yahia Abdennour

ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE: LE FLN RÉPOND AU RCD


«Vous n’avez qu’à surveiller les urnes!»

«La surveillance des bureaux de vote concerne avant tout les militants»

Le FLN dont l’instance de coordination se réunit ce mercredi - pour préparer la candidature du chef de l’Etat à un troisième mandat - ne voit pas d’inconvénient à la présence d’observateurs.

A quatre mois de l’élection présidentielle, le débat sur la fraude refait surface. La présence des observateurs internationaux aux urnes est, d’ores et déjà, un sujet d’actualité. Le FLN dit qu’il n’y s’oppose pas: «Nous ne sommes pas contre la présence des observateurs internationaux aux urnes, mais nous donnons la priorité à nos militants», a déclaré le porte-parole du parti, Saïd Bouhadja. Faisant allusion à la formation de Saïd Sadi, laquelle exige la présence d’observateurs étrangers qu’il pose comme condition sine qua non à la participation de son président, le Dr Said Saadi, à cette élection, il dira: «Ceux qui appellent à la présence d’observateurs n’ont pas confiance en leurs militants.» Pour le parti FLN, la question du contrôle des urnes concerne, en premier lieu, les partis politiques. «C’est à eux de jouer le jeu et de surveiller le déroulement du scrutin», a-t-il ajouté.
Le porte-parole du FLN ne voit pas l’utilité de ces observateurs dont la présence obéit à des desseins politiques car, précise-t-il, la surveillance des bureaux de vote concerne avant tout les militants et les sympathisants du parti ou alors le candidat en question.

Pour ce faire, M.Bouhadja préconise une solidarité partisane: «Les partis politiques doivent se solidariser et mener une action commune pour lutter contre la fraude», a soutenu M.Saïd Bouhadja comme pour court-circuiter cette idée d’observateurs internationaux qui semblent le déranger au même titre que son parti. Le FLN ne voit pas l’utilité de faire venir en Algérie ces observateurs pour surveiller les urnes alors que chaque parti délègue un représentant au niveau de chaque bureau de vote. «Ceux qui appellent à la présence des observateurs internationaux n’ont qu’à faire le travail eux-mêmes», a-t-il précisé en soulignant que le procès-verbal est délivré en présence de tous les représentants des partis. Les propos du porte-parole du FLN visent le parti du RCD. A chacune de ses interventions publiques, Saïd Sadi réclame avec insistance la présence d’observateurs étrangers au point d’en faire une fixation. M.Sadi qui n’a pas caché son désir de se porter candidat à la prochaine présidentielle. Il a fait de cette revendication un préalable à satisfaire par le pouvoir pour sa participation.

Interrogé récemment sur cette question, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Yazid Zerhouni dit ne pas être contre la présence d’observateurs internationaux aux urnes. Or les propos du ministre de l’Intérieur sont loin de rassurer le parti du Rassemblement pour la culture et la démocratie. Ce dernier exige la venue de 5000 observateurs pour chapeauter l’opération électorale et assurer la transparence de l’élection présidentielle. En prévision de cette échéance, le parti de Belkhadem tait ses divergences, ses dissensions et ses discordances. La machine électorale doit être huilée pour l’événement et le temps est désormais compté pour le FLN, sachant qu’il risque de se faire devancer par son rival de toujours, le RND qui a sa tête le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, fraîchement installé dans cette nouvelle fonction.

Aussi, le FLN va réunir ce mercredi, apprend-on, l’instance de coordination pour préparer la candidature du président de la République à un troisième mandat. Des ministres, des sénateurs, des députés et des militants seront présents à cette réunion qui précède celle de l’instance exécutive.

Nadia BENAKLI
17 Novembre 2008
http://www.lexpressiondz.com/article/2/2008-11-17/57939.html

SCANDALE À LA CAISSE NATIONALE DE MUTUALITÉ AGRICOLE : 7000 milliards détournés


Des entrepreneurs, des responsables de l’administration de l’agriculture et de la Caisse nationale de mutualité agricole ainsi que des centaines de fellahs seraient impliqués dans ce scandale.

Un détournement de 70 milliards de dinars a été constaté au niveau de la Caisse nationale de la mutualité agricole, a affirmé hier le secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens.
«Ce pactole a été détourné par un groupe de personnes sous forme de crédits accordés dans le cadre du programme de soutien aux agriculteurs», ajoute Mohamed Alioui qui s’exprimait en marge de l’assemblée élective du bureau de wilaya de l’Unpa, tenue hier à Boumerdès. Une accusation grave. Ainsi le programme de soutien à l’agriculture aurait servi de paravent à une énorme affaire d’escroquerie et de détournement.

Les «beznassia» ont mis à profit les failles des mécanismes d’attribution d’aides financières aux fellahs pour se sucrer.

Ainsi, la principale cause de la faillite de cet outil de leasing et d’accompagnement des paysans s’explique par le détournement des 70 milliards de dinars des caisses de la Cnma, par des personnes morales ou physiques, propriétaires de sociétés écrans ou fictives, «n’ayant aucune relation ni de près ni de loin avec l’agriculture», selon le conférencier. Une pure perte pour le secteur de l’agriculture puisqu’il n’y a aucun moyen de récupérer le moindre centime, selon l’orateur.

«L’argent détourné a servi à autre chose que l’investissement dans la production agricole qui en a tant besoin», a-t-il ajouté. A titre d’exemple, les fellahs de Boumerdès font face à un énorme déficit en fertilisants, notamment les engrais et les semences. Ce n’est pas la première fois que cette Caisse occupe les devants de l’actualité.

En effet, la Gendarmerie nationale a maintes fois diligenté des enquêtes qui auraient conclu qu’«un nombre impressionnant d’exploitations n’existaient en fait que sur papier».

Cette somme phénoménale représente presque la totalité de l’enveloppe financière allouée à la wilaya de Boumerdès dans le cadre du Fnrda. Pour rappel, un détournement de 450 milliards de centimes a été également découvert à la Cnma de Tissemsilt au début de l’année. Tandis que le tribunal relevant de la cour de justice de la wilaya de Tiaret avait condamné, au mois de mai dernier, 13 personnes à des peines de prison ferme dont quatre employés de la Caisse régionale de mutualité agricole de Tiaret pour détournement de 1,3 milliard de centimes en 2007.

Toutefois, Mohamed Alioui, pour apaiser un tant soit peu les choses, a tenu à préciser que les dettes de la Cnma, détenues auprès de 13.000 paysans, s’élèvent à 17 milliards de dinars et d’ajouter que la créance restante actuellement est de l’ordre de 12 Mds de dinars après le remboursement de 5 milliards de dinars.

Aussi, le conférencier n’a pas manqué de fustiger les auteurs des tentatives de création d’une organisation parallèle.

Dans la foulée, l’orateur a estimé que dans le but de préserver le pouvoir d’achat «une nouvelle forme d’organisation des agriculteurs en partenariat avec les commerçants s’impose» pour casser les monopoles et la spéculation.

Et Mohamed Alioui de conclure que «dans ce contexte d’anarchie caractérisant les marchés des fruits et légumes, on voit mal comment accéder dans ces conditions défavorables à l’OMC».

Mohamed BOUFATAH

http://www.lequotidienalgerie.com/index.php/4090/scandale-a-la-caisse-nationale-de-mutualite-agricole-7000-milliards-detournes/

Le 2ème congrès des ministres africains de la Culture s’est tenu à Alger


L’Algérie aux couleurs de la culture africaine. Cette importante manifestation était placée, lundi et mardi, sous le signe de l’harmonisation et de la coordination des politiques culturelles des pays membres de l’Union Africaine.

Notre correspondant en Algérie

La capitale algérienne a changé, lundi et mardi, de couleur. Elle a été durant ces deux jours aux couleurs de l’Afrique à l’occasion de l’ouverture du 2ème congrès des ministres africains de la Culture.

Cette manifestation culturelle de deux jours intervient après une première édition tenue en 2005 à Nairobi (Kenya). 40 délégations et 30 ministres y on pris part en présence de la ministre algérienne de la Culture, Mme Khalida Toumi, et la responsable de la commission des affaires sociales et de la culture de l’Union africaine, Mme Binas Gawanas.

C’est sous le signe de l’harmonisation et de la coordination des politiques culturelles des pays membres de l’Union Africaine que cet événement s’est tenu. 13 points ont constitué le principal menu des travaux qui se sont tenus l’hôtel Hilton. Ils étaient soumis à l’appréciation des ministres africains de la Culture qui ont affiché leur totale satisfaction.

La création à Alger d’un grand musée africain des cultures et la création d’un institut panafricain, dont l’Algérie se charge de l’étude de faisabilité, a été annoncée. La 2ème édition du festival panafricain, programmé pour le 25 juillet 2009 à Alger, était aussi à l’ordre du jour des travaux qui se sont déroulés dans la totale sérénité.

Le président Abdelaziz Bouteflika a chargé son représentant personnel, Abdelaziz Belkhadem de lire la déclaration dans laquelle il appelle le monde à « changer sa perception de la culture africaine ».

Un hommage particulier a été rendu aux différents acteurs culturels du continent noir qui ont réussi à sensibiliser les peuples et canaliser les énergies pour se soustraire au joug colonial.

23/10/2008
http://www.afrik.com/article15509.html

Synthèse par dz-live.com

Algérie: Douze mille faux moudjahidine démasqués !


L’association des grands invalides de la révolution l’a révélé hier : Douze mille faux moudjahidine démasqués

Le dossier des faux moudjahidine connaîtra-t-il enfin son épilogue ? Le ministère en charge du secteur enquête, depuis quelques mois, sur les dossiers des bénéficiaires et les premiers résultats de l’enquête sont déjà connus. Selon le président de l’Association des grands invalides de la guerre de Libération nationale (ANGIG), Mohamed Bouhafsi – qui dit être en contact permanent avec le ministère des moudjahidine –, environ 12 000 dossiers de bénéficiaires faussaires auraient été découverts et suspendus. « Le peuple algérien a le droit de connaître la vérité. »

Le ministre des moudjahidine a chargé, depuis quelques mois déjà, un inspecteur d’éplucher tous les dossiers et il a déjà suspendu 12 000 dossiers de faux moudjahidine. Il ne reste actuellement qu’une poignée de faussaires, qui seront tôt ou tard démasqués », a révélé M. Bouhafsi lors d’une conférence de presse animée hier à Alger. Une conférence organisée spécialement pour répondre aux députés du RCD à l’Assemblée populaire nationale (APN), qui ont soulevé, lors d’un débat général sur le projet de loi de finances, la question des faux moudjahidine et la consécration des budgets colossaux au ministère des moudjahidine. Le premier responsable de l’Angig affirme aussi que près de 85 000 dossiers de demande de reconnaissance de la qualité de moudjahid sont bloqués au niveau de la commission ministérielle chargée du traitement des dossiers. Un chiffre établi, explique-t-il, depuis la suspension de l’opération de reconnaissance des nouveaux moudjahidine par le ministère en charge du secteur. « Il ne reste que cinq à six ans et vous n’allez plus entendre parler des moudjahidine. Ils sont tous vieux », ajoute-t-il.

Les révélations faites par le président de l’Angig vont, sans nul doute, raviver la polémique sur la question des faux moudjahidine et leur nombre exact. Alors que le département de Mohamed Chérif Abbès maintient toujours « sous embargo » les résultats de cette enquête évoquée par le président de l’Angig, la polémique autour du dossier des faux moudjahidine enfle. Après les déclarations du colonel Ben Chérif et de Mustapha Bougouba qui n’ont pas cessé d’appeler à ouvrir le dossier des faux moudjahidine et qui ont fait couler beaucoup d’encre, l’intervention du député du RCD à l’APN Noureddine Aït Hamouda a suscité une levée de boucliers de la part des organisations dites de « la famille révolutionnaire ». Ces dernières considèrent l’intervention de Noureddine Aït Hamouda comme « une atteinte » aux martyrs et aux moudjahidine. « Notre association dénonce avec véhémence les déclarations de ces députés qui visent à dévaloriser l’histoire de la révolution et à attenter à nos martyrs et au moudjahidine », lance M. Bouhafsi, en affirmant que son association n’entamera aucune action contre le député Noureddine Aït Hamouda. « On lui a accordé beaucoup d’importance. Il faut le laisser parler comme il veut », enchaîne-t-il.

Par Madjid Makedhi

Disparition forcée de Adel Saker


Alkarama for Human Rights, 2 juillet 2008. Alkarama a adressé le 30 juin 2008 une communication au Groupe de travail sur la disparition forcée et au Rapporteur spécial sur la torture pour leur demander d’intervenir d’urgence auprès des autorités algériennes dans le cas de M. Adel Saker, victime de disparition forcée depuis le 26 mai 2008.

M. Saker Adel, né le 28 janvier 1977, avait déjà été arrêté en 1994 alors qu’il était mineur et détenu pendant trois années avant d’être libéré.

Un an après sa libération, il est de nouveau arrêté en 1998 et détenu pendant une année, puis une nouvelle fois encore en 2001 et détenu également pour une durée d’un an.

Devant ces persécutions incessantes des services du DRS local, les parents de Adel ont pris la décision de l’envoyer parfaire ses études en littérature arabe en Syrie en 2003.

Après une année et demi de séjour régulier dans ce pays, au cours de laquelle il poursuivait normalement ses études, il a été arrêté le mois de janvier 2005 par les services de renseignement syriens qui lui ont déclaré agir à la demande des services de sécurité algériens.

C’est dans ces conditions qu’il a été renvoyé le 26 février 2005 en Algérie où il a été arrêté à l’aéroport d’Alger - Dar El Beïda par les services du DRS (Département du renseignement et de la sécurité). Il a été détenu au secret pendant une année entière au cours de laquelle il a été très gravement torturé pendant plusieurs mois ; il a notamment subi des tortures à l’électricité, la technique du chiffon et a fait l’objet de graves atteintes sexuelles.

Ses parents n’ont jamais pu obtenir de ses nouvelles durant toute cette année en dépit de leurs nombreuses démarches auprès des diverses institutions. Ayant alors alerté la presse, plusieurs journaux avaient rapporté son arrestation.

C’est certainement la raison pour laquelle le 25 février 2006, il a été présenté par les services du DRS devant le parquet d’Alger sous l’accusation ” d’appartenance à un réseau terroriste ” et d’avoir été en particulier ” l’intermédiaire entre Al Qaida et le GSPC algérien “. Cette accusation devait probablement justifier à posteriori sa longue détention au secret puisqu’il a été libéré le jour même.

Les persécutions n’ont pas pour autant cessé ; ainsi il a régulièrement été convoqué par la police locale et retenu de longues heures dans ses locaux sans qu’un motif ne lui ait été communiqué.

Le 26 mai 2008, il devait de nouveau être convoqué au siège de la sûreté de Daira de Tamalous par un officier de police qui lui a fait parvenir une convocation à son domicile par l’intermédiaire d’un agent de l’ordre public (AOP).

M. Adel Saker a déféré le jour même à cette convocation comme à son habitude et s’est rendu accompagné d’un proche au siège de la sûreté de Daïra de Tamalous ; il n’a cependant pas été libéré dans la même journée comme à l’accoutumée.

Ses parents se sont rendus dès le lendemain au siège de la Police de Tamalous où les officiers de police n’ont pas reconnu son arrestation et sa détention.

Les parents de Adel Saker craignent qu’il n’ait encore une fois été transféré aux services du DRS et qu’il soit encore détenu au secret durant une longue période et soumis comme il l’a été par le passé à la torture et aux traitements inhumains et dégradants.

Le Procureur de la république de Tamalous et le Procureur général de Jijel ont tous deux affirmé à la famille ne pas être informés de l’arrestation et ont également refusé d’enregistrer une plainte.

Dans tous les cas, M. Adel Saker est victime de disparition forcée : Il a été arrêté par des agents de l’Etat et sa détention n’est pas légalement reconnue.

Nous rappelons l’existence de personnes, dont l’arrestation a été confirmée par les autorités, maintenues en détention dans des lieux secrets depuis plusieurs mois voire plusieurs années à l’instar de Ammari Saifi, arrêté en octobre 2004 et disparu depuis.

La pratique de la détention au secret continue d’être courante en Algérie en dépit des dénégations des officiels algériens, à l’instar du ministre des affaires étrangères, M. Medelci, devant le Conseil des droits de l’homme et du représentant permanent à l’ONU, M. Jazairi, devant le Comité des droits de l’homme et le Comité contre la torture.

http://www.algeria-watch.org/fr/mrv/mrvdisp/adel_saker.htm

Allocution du président Chadli du 19 septembre 1988 Le discours qui avait mis le feu aux poudres


Ce discours, qui est entré de ce point de vue dans l’histoire, fut un concentré de tous les maux et carences charriés par le pays dans son entreprise de développement contrariée par des déviations et comportements anti-économiques et anti-sociaux tapis au sein même de l’appareil de l’Etat et du parti unique, le FLN qui ne faisaient qu’un seul et même corps.

Ce discours aurait pu être un discours ordinaire, comme le président Chadli avait l’habitude d’en prononcer en différentes occasions s’il n’y avait pas en point de mire un enjeu politique stratégique illustré par la préparation du 6e congrès du FLN qui devait trancher et entériner les chantiers des réformes économiques et on le saura par la suite, politiques, sous la forme d’une ouverture du système à un pluralisme politique spécifique qui consistait à admettre au sein du parti FLN l’existence des sensibilités politiques. Des réformes qui, le moins que l’on puise dire, ne faisaient pas l’unanimité au sein de l’appareil du parti. Le discours de Chadli doit être donc resitué dans ce contexte de lutte au sommet du parti-Etat autour d’enjeux stratégiques, politiques, économiques, idéologiques avec tout ce que cela implique comme conséquences sur le repositionnement des clans qui s’affrontaient à fleurets mouchetés au sein du parti et des institutions de l’Etat. En filigrane, les craintes de perdre des privilèges acquis commençaient déjà à apparaître au niveau de la clientèle du pouvoir. Discours d’un Président qui en avait trop sur le cœur et qui se sentait trahi par sa cour qui n’arrivait pas, pensait-il, à s’adapter aux nouvelles réalités du pays par incompétence ou manque de conviction dans le train de réformes engagées ?

Ou discours-programme d’un chef d’Etat qui voulait montrer à travers la fermeté, voire la dureté des propos utilisés – propos qui tranchaient avec le style de l’homme consensuel, de force tranquille qui avait toujours caractérisé le président Chadli – qu’il était résolu à donner un grand coup de pied dans la fourmilière FLN pour faire avancer les réformes économiques, du système de l’éducation, réhabiliter les compétences aux postes de responsabilités de l’Etat ? Trop tôt ou trop tard, le fait est que le discours qui était censé provoquer un électrochoc dans la société et susciter une adhésion massive des citoyens et des militants du parti s’était transformé en tombeau pour le président Chadli. Il n’avait réussi ni à séduire les Algériens durement affectés par les effets de la grave crise économique dans laquelle était plongé le pays, conséquence d’une baisse drastique du prix du baril de pétrole qui plafonnait à 12 dollars, doublée d’une gabegie dans la gestion des affaires du pays, ni à susciter l’adhésion du parti, du moins « l’aile réformatrice » sur laquelle il comptait pour concrétiser les réformes envisagées. Pas plus qu’il n’avait réussi à neutraliser ses adversaires pour lesquels les attaques en règle contenues dans le discours valaient rupture du fragile consensus dans laquelle baignait la maison FLN. « Que celui qui est incapable d’accomplir son devoir ait le courage de reconnaître son incapacité, car nul n’est indispensable. Que certains rejoignent l’autre bord et lancent des critiques, cela me paraît inacceptable. Nous n’accepterons jamais que ces individus demeurent au sein de l’appareil en semant le doute. » Le discours est ainsi truffé de critiques acerbes à l’encontre de certaines forces n’hésitant pas à être plus précis encore pour indiquer que « ces responsables exercent au sommet de l’Etat, au sein d’institutions du parti et du gouvernement ou dans d’autres structures. » Pêle-mêle, le président Chadli dénoncera dans des termes virulents l’enrichissement rapide, le gaspillage, les lenteurs bureaucratiques, les responsables en cols blancs qui « préfèrent rester dans les bureaux », l’inertie, le monopole de l’autorité, l’instabilité des prix « en l’absence des instances de l’Etat, l’incompétence à tous les niveaux, le clanisme, la presse nationale qui “doit s’écarter du style démagogique’’, les rumeurs colportées par des milieux “malintentionnés” sur la dévaluation du dinar… »
Discours testamentaire

Un président seul, incompris et non écouté par son peuple : c’est l’image que le président Chadli reflétait à travers ce discours testamentaire par lequel il voulait se donner bonne conscience en laissant croire qu’il avait fait son devoir et que les forces du mal qui rongent le pays sont à chercher ailleurs. Même les citoyens en auront pour leurs frais. Les émigrés rendus responsables de la dévaluation du dinar et qui travaillent contre les intérêts de leur pays en alimentant le marché noir de la devise, les parents d’élèves qui ont manifesté contre la fermeture du lycée français d’Alger, sommés de partir avec leurs enfants vivre là où ils se sentent mieux, doutant de leur algérianité, de leur patriotisme et de leur attachement aux constantes nationales, les Algériens qui revendiquent une augmentation de l’allocation touristique. Un discours d’adieu avant la lettre : c’est l’impression qu’avait laissée le président Chadli à la lumière de ce discours. Lors du 4e congrès il avait « supplié » les congressiste de lui donner sa liberté pour rempiler ; il avait fait mouche en se faisant plébisciter comme candidat unique du FLN à un second mandat.

Cette fois-ci, le contexte a changé, les aspirations au changement dans tous les domaines, politique avec le vent de démocratisation qui soufflait dans le monde, économique, pour plus de justice sociale et de liberté se font de plus en plus pressantes et appelaient non pas des changements dans la continuité selon la formule consacrée, mais une rupture systémique avec le système en place. C’est ce qui arriva dans le chaos-programmé ?

Par Omar Berbiche El Watane du 05/10/2008
http://www.elwatan.com/Allocution-du-president-Chadli-du

Synthèse pour dz-live.com

Evénements d’Oran: Trois ans de prison requis contre 74 émeutiers


Soixante-quatorze personnes impliquées dans les émeutes ayant secoué Oran, fin mai, au lendemain de la relégation du club de football MCO en division Deux, ont été jugées, hier, par le tribunal correctionnel d’Oran (Es-Seddikia).

Une peine de 3 ans de prison ferme, assortie d’une amende de 10.000 DA, a été requise par le représentant du ministère public contre tous les prévenus, poursuivis pour «trouble à l’ordre public et dégradation de biens de l’Etat et d’autrui».

D’autre part, et selon des sources concordantes, quatre autres «émeutiers » présumés auraient été jugés, hier, par le tribunal correctionnel d’Es-Sénia, pour les mêmes chefs d’inculpation. Ils auraient écopé d’une peine de 3 ans de prison ferme. Selon le parquet général de la cour d’Oran, « il y a, au total, 265 individus mis en examen dans ces évènements, dont 124 ont été placés sous mandat de dépôt, parmi lesquels 5 mineurs, 18 placés sous contrôle judiciaire, alors que le reste, 118, ont été laissés en liberté provisoire ». La même source précise qu’une bonne partie des accusés devront répondre de leurs actes devant le tribunal criminel, puisque les faits retenus contre eux relèvent du crime. A noter que certaines institutions de l’Etat qui ont subi des dommages conséquents lors de ces violences se sont constituées parties civiles pour réclamer dommages et intérêts.

par H. Saaïdia

Synthèse par dz-live.com
http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5110478

L’Algérie sera présente au sommet de la francophonie de Québec


Ce que le Canada espère du président algérien ?!

C’est presque officiel, le président Bouteflika sera présent au XIIe sommet de la francophonie, la semaine prochaine à Québec, au Canada.

Même si aucun canal officiel ne l’a annoncé, l’invitation semble avoir été acceptée par le Président qui aura maintenu le suspense jusqu’au bout. Ce serait le 16 octobre qu’il devrait prendre le vol vers Québec, apprend-t-on de source crédible. Il faut dire que les Canadiens ont tout fait pour que le Président accepte l’invitation de Québec en espérant que ce dernier fera l’annonce officielle, voire exceptionnelle de l’adhésion de l’Algérie à la francophonie. Depuis quelques mois, les envoyés spéciaux du Canada ont été dépêchés à Alger pour convaincre le président Bouteflika à participer au sommet.

Le Premier ministre canadien Stephen Harper a fait porter une lettre à Alger par le biais de son représentant personnel, Jacques Bilodeau, et Jean Charest- le Premier ministre québécois - a fait parvenir la sienne par le biais de sa ministre Monique Gagnon-Tremblay. Mais dans ce domaine, il faut davantage de tractations auxquelles a bien voulu se prêter le président Jacques Chirac. Le président Bouteflika s’est finalement rendu aux sommets de Beyrouth, en 2002, et de Ouagadougou, en 2004. Par contre il ne se déplaça pas à Bucarest en 2006, rompant la dynamique lui octroyant un statut d’observateur. Avec ses 33,8 millions d’habitants, dont 22 millions de citoyens utilisant la langue française, l’Algérie est le deuxième pays francophone du monde. Deux fois plus francophone que le Canada qui compte 33,2 millions d’habitants. «Les deux pays ensemble constituent un contrepoids politique idéal à la France et à ses 64 millions d’habitants», rappelle l’ancien secrétaire d’État à la francophonie, Denis Paradis, ami du président algérien. Mais le président Bouteflika estime que l’OIF est devenue un «machin onusien pour les pays francophones», qui n’a aucune influence en dehors du cercle restreint des ex-colonies françaises.

Cependant, on peut penser le ramener à l’idée de venir à Québec en octobre, nous confie un homme politique canadien, en lui rappelant que l’Algérie est le premier partenaire commercial du Canada pour l’ensemble du Maghreb et du Moyen-Orient. Grâce au Québec et à ses entreprises, les relations commerciales tiennent le coup depuis 30 ans : SNC-Lavalin a réalisé le Sanctuaire du martyr, à Alger ; Dessau-Soprin réalisera la Grande Mosquée d’Alger et dessinera sans doute les plans de l’autoroute est-ouest allant de la frontière marocaine à la frontière tunisienne ; une entreprise canadienne a vendu des simulateurs de vol à Air Algérie qui a établi une liaison directe avec Montréal ; Alcan construira une usine d’aluminium de sept milliards de dollars à Cap Djinet, près d’Alger. Tout cela sans compter les caisses populaires Desjardins et les compagnies d’assurances, qui sont en Algérie parce qu’elles utilisent la langue française.

Ces bonnes relations commerciales suffiront-elles à convaincre le président Abdelaziz Bouteflika de faire le voyage jusque dans la Vieille Capitale ?

Au cours de ces derniers mois, le Président a été présent au G8, à Hokkaido, au sommet de l’Union pour la Méditerranée, à Paris, et à l’ouverture des jeux Olympiques, à Pékin. Il a aussi promis à la Gouverneure générale, Michaëlle Jean, d’aller à Québec, mais «pour
fêter le 400e anniversaire de la ville»… M. A.

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Bouteflika annoncera-t-il l’adhésion de l’Algérie à l’OIF lors du sommet de Québec ?

Par Mahmoud Tadjer

Les autorités politiques de la province du Québec restent à l’écoute des moindres bruits provenant d’Alger au sujet d’une probable participation du président Bouteflika au sommet de la francophonie qui aura lieu du 17 au 19 octobre.

Les principaux dirigeants québécois, qui viennent officiellement d’adresser une invitation au chef de l’Etat algérien pour assister au 400e anniversaire de cette province du Canada, comptent sur sa présence. Ils espèrent, dans la foulée, que l’Algérie, qui reste le deuxième pays francophone au monde après la France, fasse sa demande officielle pour intégrer cet ensemble afin de faire contrepoids à l’influence et à la mainmise de la France.

Mais, pour l’instant, le gouvernement algérien n’a pas répondu positivement à cette invitation, de même qu’il n’a pas évoqué pour l’instant une probable adhésion à la francophonie. L’Algérie avait, rappelons-le, participé dernièrement aux travaux de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) en qualité «d’invitée spéciale», laissant ainsi la porte ouverte à une éventuelle adhésion. Selon les milieux diplomatiques, l’adhésion de l’Algérie à cet ensemble repose sur deux arguments pour expliquer ce virage à 180 degrés de la position algérienne. Selon eux, les modifications apportées à la charte de l’OIF au sommet de Bamako, en novembre 2000, qui consacre le dépassement de la doctrine basée sur l’usage commun de la langue française et prône une doctrine respectueuse de la souveraineté, des cultures et des langues des Etats membres, ont plaidé pour une adhésion de l’Algérie. Deuxième pays francophone par la population, l’Algérie n’est pas membre de l’OIF mais possède un statut qu’elle conserve depuis le sommet de Beyrouth en 2002, qui aura marqué la première participation de l’Algérie à ce forum de débat des pays francophones. Ce statut «d’invité spécial» ne lui confère ni le droit au vote ni à la parole. En effet, depuis son accession à l’indépendance en 1962, l’Algérie boudait non seulement cette organisation mais elle l’accusait de «visées néocolonialistes».

Ainsi, les aides proposées par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) – bourses aux étudiants francophones, formation des enseignants en langue française et autres types de coopération culturelle – furent-elles systématiquement refusées par les Algériens.
Chaque fois qu’un chef de gouvernement tentait un tant soi peu de relancer la coopération culturelle avec la France, on assistait à une levée de boucliers de la part de ceux qui, paradoxalement, ont été les premiers à mettre leurs propres enfants dans les écoles occidentales. Par ailleurs, deux sondages d’opinion, réalisés en 1999 et en 2001, ont révélé que plus de 70 % des Algériens étaient en faveur de l’enseignement du français dès la première année de l’école primaire.

Le français «est un atout, pas une menace», a déclaré le président Abdelaziz Bouteflika. Avec ses 63 membres, l’espace francophone devient de plus en plus une force politique. En témoigne son rôle décisif à l’Unesco pour l’adoption de la Convention sur la diversité culturelle, en octobre 2005, à New York, pour promouvoir une Organisation des Nations unies pour l’environnement (ONUE) ou pour créer le Conseil des droits de l’homme.

Ce sont 180 millions d’hommes et de femmes qui, dans le monde, parlent français ou aiment le français. Toutes les religions sont représentées au sein de l’OIF. Les 21 nouveaux entrants dans cette sphère sont des pays de l’Europe de l’Est. Aussi, les Québécois ne désespèrent pas de voir l’Algérie adhérer à la francophonie et l’annoncer triomphalement au Québec. La démarche proposée par l’Algérie est de faire de l’OIF un lieu de solidarité internationale effectif, et non pas, comme c’est actuellement le cas, un espace où la France exerce son influence en sa qualité de nation mère de la langue française. En vingt ans d’exercice et 10 sommets consommés, l’OIF compte parmi ses membres les pays les plus riches de la planète mais également les plus pauvres ; l’écart entre les deux groupes de nations n’a cessé de s’élargir.

M. T.

http://www.jeune-independant.net/pages/Actualite2.htm


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