Réévaluation du dinar : les incohérences de la Banque d’Algérie


Une semaine après les révélations de TSA (toutsurlalgerie.com) sur la demande émise par le FMI concernant une réévaluation du dinar (lire notre article), la Banque d’Algérie peine à justifier sa politique monétaire, notamment en matière de change. En dépit des démentis, TSA maintient ses informations : le FMI a bien demandé aux autorités algériennes de réévaluer le dinar et de lever partiellement le contrôle des changes. Nous maintenons également que les deux dévaluations de 1994 (50% en avril puis 15% en septembre) ont été décidées sans l’accord du FMI qui était même opposé à une telle décision.

Contrairement aux affirmations de la Banque d’Algérie et aux informations rapportées, samedi 6 septembre, par l’agence APS, le FMI n’a jamais estimé que la valeur du dinar algérien était proche de son niveau d’équilibre. Dans son dernier rapport, daté du 19 février 2008 (voir document), le Fonds explique : «les Administrateurs ont considéré que la politique de taux de change est en phase avec la stabilité externe. Ils ont pris note de l’évaluation indiquant que le taux de change effectif réel demeure proche de son niveau d’équilibre, tout en prenant en compte les difficultés d’estimation dans le cas des pays exportateurs de pétrole. Les Administrateurs ont encouragé les autorités à continuer à gérer le taux de change de manière flexible, tout en mettant en œuvre des politiques visant à accroître la productivité et la diversification économique ». Comprendre : le FMI a seulement pris note des indications fournies par les autorités algériennes concernant leur politique en matière de change et évoque des « difficultés d’estimation ». Ce passage du rapport du conseil d’administration du FMI confirme l’existence de discussions entre les deux parties concernant la politique monétaire et la valeur du dinar. Mais le FMI indique seulement avoir pris note de l’évaluation fournie par les Algériens concernant le taux de change et évoque des difficultés d’appréciation «dans le cas des pays exportateurs de pétrole».

Les affirmations de la Banque d’Algérie comporte une incohérence de taille : comment est-il possible d’affirmer que la valeur du dinar en 2008 est presque la même qu’en 1994, année de la dernière dévaluation, sans prendre le risque de reconnaître implicitement que l’Algérie n’a réalisé aucun progrès économique en 14 ans, alors que le discours officiel ne cesse de vanter les progrès enregistrés ? De nombreux économistes ne comprennent pas comment le dinar n’a pas suivi la croissance économique de ces dernières années. A moins que les dépenses publiques aient connu de tels dérapages durant ces dernières années que le dinar est resté au même niveau de valorisation. Mais cette dernière hypothèse parait peu probable dans la mesure où le FMI semble satisfait des progrès de l’Algérie sur ce point. Enfin, la Banque d’Algérie affirme vouloir encourager les exportations en maintenant le dinar à un niveau très bas. Quand on sait que les exportations hors hydrocarbures ont atteint péniblement le milliard de dollars, on ne peut que douter du sérieux d’une telle affirmation.

Les explications de la Banque d’Algérie concernant la valeur du dinar restent, dans ce contexte, peu convaincantes.

Par sonia lyes le 2008-09-07
http://www.toutsurlalgerie.com/suite_sinformer.php?id=4708


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