Entretien Par Youcef Zirem (février 2006)
Entretien avec Brahim Saci
mercredi 8 février 2006
Brahim Saci, auteur compositeur interprète d?expression kabyle, après avoir produit plusieurs albums à Paris, revient en Algérie et sort deux albums aux éditions « coup de coeur » sur les traces du maître incontesté de la chanson kabyle, Slimane Azem (1918-1983).
Brahim Saci vit en France depuis l’âge de 10ans. Après des études universitaires, il se passionne pour la musique traditionnelle et approfondi l’écriture. Il nous livre ici ses impressions.
Voir en ligne : http://www.brahimsaci.com
Comment es-tu venu au monde de la musique et de la chanson ?
Déjà enfant, j?étais bercé par les contes, les chants traditionnels
que me chantait ma mère, ainsi que par les nombreuses poésies kabyles
qu?elle me récitait. Jeune j?étais donc déjà pris par la passion et
l?émotion littéraire. Cependant ce n?est qu?au lycée que les
professeurs m?ont appris à apprécier et à comprendre les poètes,
Charles Baudelaire (1821-1867) par Les fleurs du mal en particulier,
Alphonse de Lamartine (1790-1869) par Les méditations poétiques, et
tant d?autres encore. J?étais partagé entre les études, le dessin, la
poésie et les voyages (Allemagne, Autriche, Hollande?), tout cela a
quelque peu développé en moi une vie intellectuelle et artistique à la
fois. Ensuite j?ai beaucoup travaillé dans différentes radios
franco-maghrebines, ce qui m?a permit d?accentuer mon intérêt pour
l?Art, et de faire partager et faire découvrir ma culture aux autres.
Rilke (1875-1926), poète et philosophe autrichien, écrivait « créer
c?est d?abord se créer. Nous ne sommes nous-même, avant de nous être
faits, qu?ébauche, que possible, et la matière qui s?offre au créateur
c?est lui-même. » Plongé profondément à l?intérieur de moi-même, dans
des moments de grande solitude, c?est seulement là que je trouve des
réponses aux questions qui assaillent mon existence. Bien que cela
engendre une grande souffrance, c?est une quête nécessaire.
Personnellement je ne me sens vivre qu?en créant, c?est un peu comme
si je ne faisais qu?un avec l?art, pour moi c?est un mode de vie.
Vivant en France depuis 30ans, ne me comprennent que ceux qui ont
marché dans mes pas. Cependant le génie de la création ne doit pas
faire oublier la grande solitude intérieure, nécessaire pour aller au
plus profond de soi-même et pouvoir en ressortir le meilleur. Il est
bon d?être seul car la solitude est difficile à vivre, et plus une
chose est difficile, plus elle doit être pour nous une raison de nous
y attacher. C?est de la peine que naît la création, comme une pluie
fertilisante que la terre attend avec impatience, comme un acte de
charité, lien entre la poésie et la mystique. Un perfectionnement
personnel est recherché pour essayer de porter le regard au-delà de la
connaissance afin d?approcher ce qui nous échappe et accueillir avec
sérénité les événements de notre vie et s?interroger sur le mécanisme
qui nous fait créer. Donner sans rien attendre en échange même si les
poèmes sont payés avec tant de souffrances. Il y a une nécessité de
dire pour ne pas sombrer.
Aborder l?art avec amour car seul ce sentiment profond permet de le
saisir. Pour approcher les ?uvres d?arts, rien n?est pire que la
critique, car souvent ceux qui critiquent n?ont aucune connaissance
artistique. Quant à la musique, je dirais que toute poésie lyrique est
par définition musicale, pour moi les deux sont inséparables.
Comment est née ta passion pour Slimane Azem ?
Je n?ai réellement compris Slimane Azem qu?après des études
universitaires approfondies. Ces années d?études m?ont permis d?aller
plus loin dans l?analyse afin d?avoir une vision plus claire pour
approcher l??uvre de ce grand humaniste et philosophe qu?était Slimane
Azem. C?est un grand poète qui décrit notamment le déchirement de
l?exil. Bien plus que cela, il a su enflammer tous les c?urs, et
passionner tous les Kabyles. Son ?uvre très abondante et riche offre
une grande diversité à qui sait l?écouter et la comprendre. Dans ses
compositions, Slimane Azem, guitariste d?exception, attire par sa
technique percussive de la guitare, par sa riche invention de la
mélodie. Il a su transformer toute mélodie en pure beauté. Ses
chansons sont d?une grande âpreté rythmique, doublées d?une
inspiration mélodique inépuisable. Baigné dans un fond culturel
classique, les images, comparaisons, métaphores et métonymies ont été
des aliments essentiels à sa création poétique.
Ses préludes chantés sont d?une extrême justesse. Sa voix est d?un
grand lyrisme, d?une grande fluidité, claire comme l?eau d?une source.
Slimane Azem a su par son génie nous transmettre les racines d?une
culture plus que jamais vivante, mais paradoxalement aussi, sa douleur
d?avoir été forcé de quitter sa terre natale si chère à son c?ur.
Slimane Azem est un véritable virtuose de la chanson kabyle, respecté
par tous, et qui ne pouvait que susciter mon admiration et ma volonté
de suivre ses traces. François Mauriac(1885-1970) disait : « une ?uvre
vaut dans la mesure où une destinée s?y reflète. »
Que penses-tu de la chanson kabyle de ces dernières années ?
Les choses terrifiantes qu?a connu notre pays ont laissé peu de place
à l?Art en général et à l?expression artistique en particulier.
Jusqu?à la mort de Matoub Lounès, la chanson kabyle était en plein
essor. Les années 80 ont vu apparaître beaucoup de groupes de grande
qualité, constitués par une majorité d?universitaires, malheureusement
ces groupes ont disparu. Mais le succès de Matoub Lounès a permit à la
chanson kabyle d?occuper une place de choix. Il était une locomotive
qui poussait à la création de qualité aussi bien sur le plan de la
poésie que sur le plan musical. Car Matoub Lounès excellait dans l?art
du « Châabi » qui est de surcroît une grande école musicale. Matoub
créait l?événement avec presque à chaque fois deux albums, et était
une source poétique intarissable. Sa disparition tragique a plongé la
chanson kabyle dans un vide artistique quasi-total. On a vu alors une
folklorisation accrue de la chanson kabyle où tout ce qui se fait
l?est pratiquement sur un seul rythme. La création artistique s?est
appauvrie. On ne pense qu?à danser. Toutes les manifestations dites
culturelles sont en fait des pistes de danse. On a ainsi petit à petit
habitué le public à ne venir à chaque fois dans les salles que d?une
façon quasi-mécanique. On vient consommer des pistes de danse. On a vu
alors les ventes de disques chuter pour la quasi-totalité des créateurs.
Mais d?autres raisons bien sûr viennent se greffer à cela. La fracture
avec la tradition orale, on voit les anciens disparaîtrent un par un,
a aussi contribué à l?apparition d?une poésie médiocre car il y a un
manque au niveau de la maîtrise de la langue. C?est l?une des raisons
pour laquelle il devient urgent que la langue tamazight soit
officialisée et entre dans toutes les écoles, car le transfert du
patrimoine culturel par les anciens ne se fait plus. Ainsi, à l?école,
les enfants redécouvriront la richesse de leur langue, les contes, les
poètes, les romans, la littérature. Il est évident que sans bagage
culturel on ne peut créer de belles choses. Les anciens avaient tous
leurs têtes pleines, les poèmes d?antan, les contes, et cela se
reflétait dans leur création artistique.
D?autres raisons viennent encore s?ajouter au marasme des décennies
noires qu?a connu la chanson kabyle et la chanson algérienne en
général. La crise économique aidant, le manque de pouvoir d?achat, la
morosité de la chanson algérienne ont amené la chanson kabyle au bord
du précipice. Au lieu que les artistes vivent de leur art, nous
assistons désarmés à une situation nouvelle et dramatique, qui n?est
pas propre à la chanson kabyle, qu?on voit dans d?autres pays mais à
faible échelle. Ce sont les artistes qui font vivre leur art. Dans ce
dénuement, les artistes s?appauvrissent, il est difficile de
travailler dans ces conditions. Les tentatives individuelles sont
bonnes et à encourager, mais c?est l?institution étatique qui doit
protéger son patrimoine culturel, l?encourager et le financer.
Malgré le regard assez pessimiste que je viens de porter, je reste
optimiste et positif quant à l?avenir de la chanson kabyle, grâce à
l?apparition de jeunes qui résistent contre vents et marées et qui
font un travail de qualité.
Pourquoi à ton avis peu de chanteurs kabyles arrivent à percer en France ?
Il serait à mon avis bon de se poser pour une fois la question,
pourquoi la chanson kabyle devrait-elle percer en France ? Sa raison
d?être ne se trouverait-elle pas plutôt en Algérie ? L?exil nous
poursuit comme une malédiction, pourquoi devrions nous l?accepter ?
Qu?on le veuille ou non, on ne se désaltère qu?à la source. La chanson
kabyle n?existe qu?en Kabylie, ailleurs elle ne fait que passer.
Pourquoi devrions-nous porter ce fardeau existentiel qui nous ferait
croire qu?on ne peut exister qu?à l?étranger, déracinés ? Ne serai-ce
pas plutôt la poursuite d?une chimère ? Un arbre peut-il vivre et
fleurir sans racine ?
Le bon sens voudrait comme le dit Voltaire, « cultiver son jardin. »
Quand bien même certains chanteurs kabyles donnent l?impression de
percer en France, il n?en est rien en vérité, car même s?ils
remplissent une ou deux fois une grande salle, cela ne suffit pas pour
pouvoir en vivre, la vente de disques ne suit pas. Ils n?ont pas les
moyens de promotions qu?ont les Français (médias, télévisions,
radios?) les médias français n?en parlent presque jamais, comme si
c?était un tabou, silence il ne faut pas que cela se sache.
Quand un artiste français sort un album, il fait toutes les chaînes de
télévision, toutes les stations de radio, des centaines d?émissions,
plus une tournée promotionnelle. Quant à l?artiste kabyle, il fait une
émission ou deux à BRTV (heureusement qu?elle est là), peut-être un
seul article dans la presse algérienne et c?est tout. On voit bien là
la différence. Comment voulez-vous vendre des disques dans ces
conditions ? Si certains Français achètent nos disques, c?est par
curiosité et ils ne sont guère nombreux. On n?existe véritablement que
dans un public kabylophone. Il faut arrêter de se voiler la face, même
si la réalité est dure à accepter. J?entends dire par-ci par-là que la
chanson kabyle est trop traditionnelle, trop de mandoles, trop de
percussions?, soyons un peu sérieux ! Les raisons de son déclin sont
beaucoup plus profondes. La chanson kabyle doit d?abord s?imposer chez
elle en Algérie et plus précisément en Kabylie. Il faut arrêter de
mépriser son patrimoine culturel et son terroir, il faut au contraire
le préserver, le cultiver, l?enrichir, mais pas le travestir en
essayant à tout prix de ressembler à l?occident, même si la
fascination pour l?occident est dans l?air du temps. Il faut
absolument garder ses couleurs et surtout créer, investir et produire
en Algérie. Beaucoup de grands compositeurs occidentaux se sont
intéressés à la musique populaire et ont fait des variations dessus,
nous pouvons citer Liszt (1811-1886), Beethoven (1770-1827) et surtout
Béla Bartok (1881-1945) compositeur hongrois, lequel après des
recherches sur les traditions musicales populaires notera et
enregistrera sur les rouleaux phonographiques plus de 10 000 mélodies
folkloriques.
En 1928, Bartok écrira « chacune de nos mélodies populaires est un
modèle de perfection artistique. »
L’exploration des chants et des danses de la Kabylie reste à faire. A
l?aube du 21ème siècle, il est plus que jamais temps d’agir.
Je pense qu’il faut penser un peu au côté culturel des choses, arrêter
avec les galas business où les gens ne viennent que pour danser et
s?amuser, opter pour des manifestations culturelles de qualité,
abordables pour tous. Il est vrai qu?après le vide immense qu’a laissé
le regretté Matoub Lounès, la chanson kabyle souffre de relève. Je me
rappelle l?avoir rencontré dans un café du 18ème arrondissement de
Paris un mois avant sa mort tragique, il me disait « Si Brahim ma vie
est au village ! » Ces paroles résonnent encore dans ma tête. A Paris
on a beau remplir les plus grandes salles, personne ne nous voit, nous
sommes comme invisibles. La meilleure preuve que l?on puisse apporter
à ce phénomène est la célébration des 100ans de l?Olympia qui a été
très médiatisée en France. Dans l?historique qu?en ont fait les
médias, à aucun moment on ne fait allusion aux berbères qui sont
passés sur cette scène mythique, et ils sont pourtant nombreux : Aissa
El Djermouni (1885-1946) 1er chanteur berbère chaoui des Aurès à
fouler les planches de Olympia en 1936, puis à partir de 1976 Ait
Menguellet, le groupe Djurdjura, Slimane Azem, Matoub Lounès, Idir,
Takfarinas et bien d’autres encore?
L’exemple de la famille Amrouche est des plus frappant. Qui se
souvient d?eux en France ? Qui se souvient de Marguerite Taos Amrouche
(1913-1976), de Jean El Mouhoub Amrouche (1906-1962), et de leur mère
Fadhma Ait Mansour Amrouche (1882-1967 en Bretagne). Bien qu?ils aient
étés chrétiens et qu?ils aient écrit en français leur souvenir demeure
certes, mais uniquement dans l?esprit des kabyles. Qui connaît Malek
Ouary (1916-2001 à Argelès-Gazost), Mohamed Dib (1920-2003 à la Celle
saint Cloud) bien qu?ils aient vécu, écrit et soient morts en France ?
Edith Piaf, diva et pilier de la chanson française, qui a elle-même
lancé plusieurs autres grands noms de la chanson française comme Yves
Montand, Charles Aznavour ou Gilbert Bécaud, la France est fière
d?elle, chaque année on commémore l?anniversaire de sa mort, mais on
se garde bien de parler de ses origines kabyles par sa mère qui était
une chanteuse lyrique sous le nom de Line Marsa, et élevée par sa
grand-mère Aïcha. D?autres grands noms de la culture française sont
d?origine kabyle, Jacques Villeret (comédien), Daniel Prévost
(comédien), Isabelle Adjani (comédienne), Claude Zidi ( réalisateur et
scénariste), Alain Bashung (chanteur), Arnaud Montebourg (député de la
Saône et Loire), Dany Boon (humoriste), Isild le Besco (comédienne,
fille de l?actrice Catherine Belkhodja). Qui sait en France que toutes
ces personnalités sont d?origine kabyle ?
L’Algérie se doit de développer son patrimoine culturel dans sa
diversité amazighe, de donner des bourses aux jeunes qui veulent se
produire comme cela se fait en France où le ministère de la culture
donne des bourses à des jeunes, qui leur permettent de financer
l?enregistrement de l?album, et parfois même la production et la
distribution. Il n?est pas étonnant que ces aides privilégient la
production francophone. L?Algérie se doit aussi de créer des festivals
de musique et donner la chance aux jeunes qui ne sont pas connus de
s?y produire. Elle doit aussi permettre aux jeunes de produire la
quantité d?albums qu?ils veulent, comme cela se fait en France, car en
France un jeune peut produire et déclarer la quantité qu?il veut, même
50 albums. Imposer des quotas de production que ne peuvent tenir les
plus faibles c?est adhérer au principe de mondialisation où les plus
forts en sortent gagnants, et c?est un coup fatal porté à la diversité
culturelle. On tend à nous faire croire que la mondialisation est un
avenir propice, mais ne soyons pas dupes. Si économiquement cela peut
avoir des points positifs, culturellement c?est un drame. Vouloir
faire un monde d?un seul moule, d?une seule couleur, s?effacer pour
adopter la couleur du plus fort, c?est comme une mort annoncée.
Heureusement ça et là se lèvent des voix de résistance pour lutter
pour la sauvegarde de toutes les langues et cultures, ce qui a
toujours fait la richesse du monde. La langue berbère doit demeurer
plus que jamais vivante, et elle l?est en réalité sur le terrain, car
ce peuple plusieurs fois millénaire se situe parmi les grandes
civilisations qui ont marqué l?histoire de l?humanité, comme les
Egyptiens, les Grecs, les Romains, les Phéniciens, les Perses et les
Arabes.
Quels sont tes projets artistiques ?
Des projets, il y en a plein dans la tête. Après avoir produit en
France, je reviens aux sources pour produire en Algérie. Je viens en
effet de sortir deux albums avec des milliers de posters annonçant en
fait quatre albums, car après ces deux albums suivront deux autres
albums.
Le premier album est un hommage à Slimane Azem, « Exil éternel », je
dis « ô Slimane Azem ! Si tu pouvais revenir parmi nous pour voir où
les temps nous ont amenés. » Je parle beaucoup de son déchirement
intérieur et de la souffrance de l?exil. J?ai souvent comparé Slimane
à Baudelaire pour la vision philosophique qu?ils avaient de la vie.
Car Baudelaire a plongé au plus profond de l?être pour nous parler du
mal qui habite et ronge l?homme. Mais Slimane Azem avait quelque chose
de plus car il était une légende de son vivant, comme l?était avant
lui Si Mohand u M?Hand (1845-1906). Il y a sur ce premier album 8
chansons. Le deuxième album s?intitule « Crâa », c?est un regard sur
la société algérienne et en particulier la société kabyle. Il y a 7
chansons et un sketch, où je raconte une histoire vraie, j?ai
généralisé pour ensuite en tirer une morale. En fait, j?y dénonce la
détérioration des relations fraternelles où seul l?argent fait la loi.
Malheureusement à notre époque l?honneur et la dignité sont
monnayables. Ces deux albums ont reçu un accueil favorable et
chaleureux par le public, que je remercie du fond du c?ur car je
n?existe que par lui. J?ai aussi crée un site internet afin de mieux
communiquer avec mon public. On m?écrit beaucoup et je réponds autant
que je peux. Mon site www.brahimsaci.com a dépassé les 100 000 visites.
Avant la fin 2005, je l?espère, je sortirai les deux autres albums, 16
chansons et un sketch. L?un s?intitule « 30ans après », c?est un clin
d??il à la vie du poète et à l?histoire de l?Algérie, l?autre album
s?intitule « l?aube des adieux » où se mêlent l?espoir et le
désespoir, l?optimisme et le pessimisme. C?est le déchirement
intérieur du poète, c?est aussi un regard sur la fin du XXème siècle.
Pour 2006/2007, je prépare un hommage au regretté Matoub Lounès. Les
albums qui suivront plus tard seront plus une plongée à l?intérieur de
l?être à travers les affres de l?exil. Sinon à Paris on s?épuise
chaque jour un peu plus. La solitude de l?exil nous étouffe. Je sème
des poèmes en essayant d?imaginer des jeunes pousses. Mais dans le
froid glacial de Paris, rien ne germe. Même si mes poèmes naissent à
Paris, ils ne se sentent chez eux qu?en Kabylie.
Entretien réalisé par le journaliste écrivain YOUCEF ZIREM
Visiter le site de Brahim Saci : http://www.brahimsaci.com