Brahim Saci. Article Maison des journalistes (09/06/2006)

La belle prestation de Brahim Saci
Par Youcef Zirem

Ambiance de fête et convivialité ont été au rendez-vous le temps d?une
belle soirée. La chanson kabyle a enthousiasmé le public.

Une fois n’est pas coutume, c’est un chanteur kabyle que l’Amicale du
conservatoire du 8ème arrondissement de Paris présente. Pour une
première, c’est une grande réussite. Le public apprécie et sort comblé
de ce défilé de chansons venues d’Afrique du Nord. C’est un prélude
andalou qui démarre le show. Ce morceau fait déjà voyager
l’assistance. On se met à imaginer les splendeurs d’une autre époque.
L’orchestre composé de Ahmed Ait Amar (violon), Hammouche Yahia
(alto), Hacène Ait Moula (derbouka), Cherat Ramdane (banjo), Ali
Benali Amirouche (guitare), Belarbi Nadir (clavier) et Djemli Madjid a
une grande expérience derrière lui. Brahim Saci chante ses succès
comme La Colombe, le Déclin des jours ou encore Vas mon âme. Il
envoûte le public avec des paroles en kabyle et en français. L?artiste
a grandi en France où il a suivi des études littéraires et a beaucoup
lu Baudelaire, Rimbaud, Verlaine et les autres poètes français.

Brahim Saci a également été portraitiste sur les places touristiques
parisiennes tout comme il a eu une expérience radiophonique sur
les ondes franco-maghrébines quand il faisait des émissions sur la
littérature et l?histoire des Berbères. Les poètes berbères Si Mohand
ou Mhand et Slimane Azem le marquent à jamais. Brahim Saci produit de
1992 à 1997 cinq albums à Paris. Ces créations parlent de l?amour, de
la nostalgie d?une terre perdue, du temps qui passe inexorablement, de
la douleur de vivre des mauvais jours, des affres de l?exil, du désir
de surmonter les difficultés. A sa façon, il continue les quêtes
artistiques de Slimane Azem, un grand artiste que le pouvoir algérien
n?a pas cessé de marginaliser jusqu’à sa mort en 1983.

Brahim Saci interprète D nekwni i d nekwni (ce que nous sommes), une
merveilleuse chanson de Slimane Azem et enflamme la salle. Au même
moment, des douceurs berbères et du thé à la menthe sont distribués au
public. La convivialité atteint ses sommets et la belle Véronique
Vernon, vice-présidente du conservatoire, est bien contente. A bien
des égards, cette soirée du mercredi 7 juin 2006 restera dans les
mémoires des admirateurs de Brahim Saci.